J100 – 9/1/2004


J100 – 80.0Km

Vendredi 9 Janvier : N 30°37.037′ / N 30°55.735′ E 20°07.924′ / E 20°49.016′ J100 : 81 K (9h49′) Total : 6576K Altitude : 72 m T° : min 3°C – max 18°C 100 jours, vous avez bien lu.
Ca fait 100 jours que Serge court à travers l’Afrique sans s’offrir le moindre jour de répit. La transafrique sera sans conteste la plus longue de toutes les trancontinentales tentées et réussies par Serge à ce jour. La plus longue dans le temps, mais aussi en kilomètres parcourus, en nombre de pays traversés et en rebondissements en tout genres. Mais n’était-ce pas là justement lagrande force de cette épopée, d’avoir une volontéet une lucidité à toute épreuve inculquée par Serge en tant qu’acteur principal de l’aventure ? Volonté qui permet de rebondir après des épreuves malheureuses et imprévues comme le paludisme qui a touché deux membres de l’équipe dès le Mali, et lucidité qui a servi à éviter les pièges en tout genre qui auraient pû mettre fin prématurémentà l’aventure. 100 jours enfin pour attteindre les bords de la Méditerranée sans avoir eu encore la chance d’en voir la couleur. Aujourd’hui, après une bonne nuit d’hotel, Serge rattaque sa course au point d’arrêt d’hier, soit 11 kilomètres avant la porte d’entrée de la ville de Ajdabia. C’est escorté de Laure et Alexis dans la sangsue mais aussi et surtout des forces de l’ordre que Serge traversera les faubourgs de la ville encore à moitié endormis en ce Vendredi, jour de prière. Serge, à l’image de ces derniers jours, aura besoin de 20 bons kilomètres pour débrider la machine.Mais un goudron parfait, une circulation allégée en ce jour férié, un vent soufflant avantageusement et un soleil généreux serviront à recharger les batteries au moins pour le reste de la journée, à défaut de faire disparaître la fatigue.Et même quand ça circule peu, Serge se doit de rester vigilant. Il court à gauche de la route pour mieux anticiper le croisement avec les poids lourds. A chacun d’entre eux il adresse un signe amical auquel il se voit répondre par un coup de trompette et d’appel de phare. Mais voilà, ce petit code au combien sympathique peut comporter quelques pièges. Serge tend une nouvelle fois le bras en entendant un de ces bahuts arriver dans son dos, et se voit répondre comme à l’accoutumée par un bruyant coup de klaxown. Mais Serge ne s’est pas encore fait monter de rétroviseurs et le monstre de tôle qui se fait entendre derrière lui est en train de doubler une camionnette et cette fois l’avertissement est fait pour signifier à Serge qu’il doit se pousser de toute urgence sur le bas côté. Finallement ça passera quand même d’extrême justesse mais Serge aura toutes les peines du monde à résister à l’appel d’air et sera à deux doigts de se faire arracher le bras. Maintenant il stresse un peu plus dès qu’il entend ronronner dans son dos, et n’hésite plus à tourner la tête avant de tendre le bras. L’hotel et le restaurant c’est bon pour le moral et pour l’organisme excepté quand la pizza est trop épicée : Ludo a transpiré au moins autant que s’il mangeait dans un sauna et Serge qui a pris le même repas dans sa chambre, est aujourd’hui dérangé des intestins. Un libyen rencontré sur le bord de la route lui proposera de soigner son mal avec un bon thé chaud, mais le boulot c’est le boulot et Serge sera obligé de décliner l’invitation, la journée est encore longue…Les immeubles en construction, le bruit des voitures conduites par des chauffeurs utilisant plus facilement le klaxown que le clignotant ont cédé la place à un paysage où se mêlent sable et touffes d’herbes ressemblant à des pieds de lavande qu’affectionnent particulièrement les troupeaux de chèvresde chameaux et les centaines de petits rongeurs qui errent dans le coin.La belle histoire du jour : Il était une fois un petit chiot égaré sur le bord de la route. Par chance, dame Sangsue passait par là. Les filles attendries par l’air pato du petit animal commencèrent à envisager de l’embarquer dans leurs bagages pour lui offrir un doux logis à Paris. Mais Alexis qui a facilement les cheveux dressés sur la tête ne vit pas la chose sous le même angle. Alors, après avoir tenté de lui donner quelque biscuit à grignoter (pas à Alex mais au chien) la sangsue repart assurer son travail quotidien au grand désarroi des 2 féminines de l’équipe. Deux kilomètres plus loin, Serge fait de grands signes. Il a repéré une chienne avec ses petits. Alors, dame sangsue fait demi-tour, Laëtitia prend le nouveau né dans ses bras et tous ensembles il le ramène auprès de sa Maman qui l’accueille avec de grosses léchouilles. Elle est pas belle la vie ?