J102 – 11/1/2004


J102 – 84.0Km

Dimanche 11 Janvier : N 31°12.313′ / N 31°25.779′ E 21°40.661′ / E 22°30.890 J101 : 84 K (9h26′) Total : 6750K Altitude : 134 m T° : min 4°C – max 15°C vent d’ouest +++++
Le moindre que l’on puisse dire ou écrire, c’est qu’en libye la météo varie bienplus vite que le paysage. Nous nous sommes couchés hier avec des rafales à décorner le Mulet et nous nous sommes réveillés ce matin (pour les plus veinards), sous un doux soleil de printemps et une légère brise bienfaitrice. Serge pousse la foulée sur un bitume droit comme la ligne d’horizon. A gauche du sable des cailloux et quelques touffes d’herbe éparce et à droite quelques touffes d’herbe éparces des cailloux et du sable. Le paysage varie bien peu, à croire que Serge court sur un tapis roulant. Seul change la couleur des nuages et la force du vent. Après 40 kilomètres de promenade champêtre sur cet axe peu fréquenté, les partants pour le campement se sont retrouvés pris au plein milieu d’une incroyable tempête. Le ciel s’est chargé d’un monticule de nuages noirs gorgés de pluie, faisant voler un véritable rideaude sable tourbillonnant sur plusieurs mètres de haut et centaines de mètres de large.Des éclairs illuminérent le ciel et des trombes d’eau s’abattirent dans un vacarne impressionnant sur le pare brise de plexiglas, à tel point que l’on entendait plus le bruit du moteur, c’est peu dire.Ce vent qui souffle par rafales de plus en plus soutenues donnant au ciel une étrange couleur désespère le petit monde des suiveurs de la transafrique, mais arrange apparemment les affaires de Serge. Il court et cherche à profiter au maximum de cette force naturelle qui le pousse et le ferait presque s’envoler. Paradoxalement, ce vent infernal lui pose quelques soucis: il doit lutter contre cette force surnaturelle qui le fait dévier continuellement vers le milieu de la route et surtout lutter pour réduire sa vitesse car en se laissant entraîner, ses adducteurs hurlent de douleur ! En définitif un vent violent qui vous fauche de 3/4 par l’arrière gauche peu devenir votre ennemi. Le sable qui balaie continuellement la route en travers ne l’épargne guère, il lui est bien difficile de ne pas en avaler de la journée. Il n’est pas écrit dans le manuel combien chaque grin de sable ingurgité lui apporte de calories, alors Laure continue de ravitailler Serge comme à l’accoutumée tous les deux kilomètres. Il est aujourd’hui impossible de s’entendre avec Serge lors du ravitaillement, le vent emporte nos paroles avec lui ainsi que le contenu du gobelet qui passe par dessus bord. Serge devra boire à la bouteille.Plus nous avançons vers l’est et plus le soleil décline de bonne heure, Serge au 76ème kilomètre est transi par le froid. Le réconfort l’attend au camp où la climatisation version chaleur donne à la cellule du Mulet une douce température. Serge peut se laver et manger au chaud.