J103 – 12/1/2004


J103 – 83.0Km

Lundi 12 Janvier : N 31°25.779′ / N 31°43.165′ E 22°30.890′ / E 23°18.688′ J101 : 83 K (10h09′) Total : 6833K Altitude : 182 m T° : min 4°C – max 15°C vent du nord +++
Quel est le comble pour un transaficain qui vit depuis plus de 100 jours dehors ? Etre obligé de rester cloitré à l’intérieur alors qu’il fait soleil. C’est malheureusement bien ce qui se passe depuis que la caravane a quitté Ajdabia. La tempête n’offre que de courts répis le matin, pour souffler de plus bel encore le reste de la journée et la nuit. Du coup, la transafrique change de visage et rien n’est plus vraiment comme avant. Certe, Serge avance et il nous gratifie tous les jours de performances ahurissantes, mais la vie du groupe est boulversée. Les préposés à l’installation du campement sont obligés de demeurer cloitrés toute la journée dans les 6m2 de la cellule du mulet. Les plus téméraires qui essaient encore de faire de la lessive voient leur linge blanc après lavage devenir couleur sable après séchage, et toute tentative d’occupation en extèrieur se voit très vite anéantie.Les occupants de la sangsue se plongent dans leur bouquin entre deux ravitaillements, et ne sortent le bout du nez que lorsque Serge est en vue. Le soir, Serge arrive au campement après avoir passé près de 10 heures à courir dans ces conditions difficiles et monte tout droit s’abriter dans la cellule du mulet pour se laver, se restaurer, prendre connaissance de son courrier électronique et se coucher. Les autres membres de l’équipe cassent la croûte debout, serrés les uns contre les autres et au plus près du mulet pour essayer de s’abriter du froid et manger autre chose que du sable . Elles semblent bien loins les chaleureuses soirées de bivouac où l’on prenait les repas tous ensembles confortablement installés autour de notre table en parlant du temps passé, de l’aveniret des dernières blagues à 2 balles. Et tout cela de la faute de qui ? De la faute du temps. En plus de ça le paysage est lui aussi toujours le même depuis Ajdabia. La Libye que nous avons traversé est un long désert interrompu ça et là par de villes distantes souvent de plusieurs centaines de kilomètres. Pas de village, pas de petites bourgades en vue, seules les villes répertoriées sur les cartes routières. Habituellement nous apprécions volontiers de vivre en osmose avec dame nature qui a su si souvent nous séduire , mais depuis plusieurs jours la dame est en colère et refuse qu’on s’y intéresse.Serge a connu une journée éreintante, le vent ayant décidé de lui tenir tête, ce sera un face à face de plus de 10h00 pour 83 km. La fatigue des journée n’est pas tant lié au kilométrage puisque le jour où Serge a couru 90 km, il n’a passé que 10h01′ sur le bitume. Cette fatigue est liée à la forme du jour, au temps passé sur la route , aux conditions météo et au profil du parcours. Les genoux ont été particulièrement douloureux aujourd’hui, Serge court crispé rendant les muscles du cou et des épaules courbaturés. Son alimentation durant la course ne varie guère excepté qu’il mange un bolino supplémentaire depuis que le kilométrage journalier est remonté et qu’il engloutit les pots de miel à grande vitesse. La quantité de boisson ingurgitée a baissé. Serge boit un café le matin, 5 litres d’eau et 2 canettes de pepsi. Arrivé au camp, il ne sortira plus du Mulet et à 18H30, il s’allonge sur la couchette près à dormir. Demain sera un autre jour. Unhotel paraît-il attend la transafrique à Tobruk. Cela signifie pour nous tous l’espoir de trouver un lit bien confortable, une douche bien chaude des repas si possible pas trop épicés et en plus pour Serge un bon massage et un repos bien mérité.