J107 – 16/1/2004


J107 – 60.0Km

Vendredi 16 Janvier : POSTE FRONTIERE EGYPTIEN / 50 km après Saloum DE SALOUM J107 :60K (6h39′) Total : 7102K T° : min 4°C – max 22°C soleil
Il suffit parfois de passer une frontière pour changer de saison et aujourd’hui c’est une belle journée presque printanière qui s’offre à nous.L’orage menace pourtant sur la Trans-Afrique qui va essayer une nouvelle fois de ne pas faire naufrage.A 8H00 ce matin, tous réunis autour du déjeuner, les idées fusent pour trouver des solutions quant à la poursuite de la course. Nos véhicules ne sont pas autorisés à rentrer sur le sol égyptien pour une raison de mauvais carnet de passage en douane et les sommes demandées pour obtenir cette entrée sont astronomiques ! C’est un rebondissemnt de dernière minute dont nous nous serions tous bien passés, mais assomés par la nouvelle nous voilà tous motivés pour trouver la solution qui nous fera rebondir.Ce matin, le véhicule de Mustapha servira de « Sangsue » pour accompagner Serge qui part plongé dans ses réflexions, un tourbillon de possibilités dans la tête. C’est sur sa route et durant sa course qu’il fera le choix de la conduite à tenir pour la suite des évènements. Les 6 premiers kilomètres sont plats avant d’entamer une longue et tortueuse descente vers la bourgade de Saloum qui forme une baie sur la Méditérranée. Le point de vue est splendide et motive notre caméraman, Alexis et photographe, Laëtitia. Serge quant à lui descend à toute allure, l’esprit ailleurs. Personne ne sait combien il fera aujourd’hui car il doit faire le point kilométrique de ce qui lui reste à effectuer jusqu’au Pyramides ainsi que le calcul budgétaire de ce nouveau coup dur. A 14h00, la décision de Serge est prise et le membre executif qu’est Laure doit mettre tout en place avec la collaboration du directeur de notre agence de voyage qui se démène pour nous aider. Deux 4X4 viendront nous rejoindre dès demain pour remplacer notre Toyota et notre Mulet pourtant bien irremplaçable. C’est un pincement au coeur que de devoir organiser le rapatriement de nos véhicules par un automobile-club vers le poste douanier portuaire d’Alexandrie à 500 kilomètres de là. Ces véhicules depuis le 26 septembre sont des éléments de stabilité de notre vie de nomade. Le Mulet représentait à lui seul, notre cuisine, notre bureau, notre salle-de-bain, notre chambre, notre refuge lors de mauvais temps ou de chaleur avec la climatisation, notre armoire de chambre dans laquelle chacun y mettait son petit bazard, bref ce Mulet avait une âme. Quant au 4X4, c’était notre roc, notre valeur sûre : pas un seul petit problème depuis le départ, même pas une crevaison…Le faît que Serge court 60 kilomètres était inespéré et cela nous montre encore à quel point sa détermination de voir les Pyramides le 2 février prochain est vivace.Sa phrase du jour « j’ai retrouvé de la motivation en courant ».Le rapatriement des véhicules vers Alexandrie se précise à 19H00, il est question de sortir les véhicules ce soir du poste de douane. Après de longues heures de palabres, de négociation qui se compliquent un peu plus au fil des heures, Jean-Claude et Laure sortent les véhicules à 23H30. Il est loin le temps où ils se couchaient à 19H30 et ses longues veillées administratives depuis 2 jours commencent à leur usé les nerfs car vous ne savez jamais ce qui vous attend dans l’heure qui suit. Nous n’avons aucune maitrise de la situation et nous attendons le bon vouloir de ces douaniers zélés qui compliquent les choses à merveille…