J113 – 22/1/2004


J113 – 21.0Km

Jeudi 22 Janvier : borne Siwa :69 km – 61 km 61 km – 48 km J113 : 8 K ( 2H03′)13 K (1H37′) Total : 7496 K T° : min 3°C – max 23°C nuageux puis ensoleillé – vent d’est
A 21H00, hier soir le vent s’intensifie au point de faire déménager Laure et Serge qui plante leur tente à l’abri des véhicules. Nous réalisons bientôt que c’est une tempête qui se déchaine : à 4H00 du matin le vent tourne de 180° pour venir de plein fouet s’ebgoufrer dans les tentes qui se transforme en parachute, Laure qui déplace un des 4×4 pour abriter du mieux possible la tente, rencontre Alexis et Laëtitia qui ont déserté leur tente déjà cassée. Il fuit leur igloo pour rejoindre la tente commune tendue entre 2 véhicules sous laquelle dorment nos guides égyptiens. Serge totalise 2 heures de sommeil. A 6H30, le réveil sonne, le vent loin de se calmer semble redoubler d’intensité. Les duvets sont couverts d’une épaisse couche de sable, il est difficile d’imaginer l’apocalypse qui nous entoure. Serge déjeune dans la voiture après avoir aidé à regrouper les tentes qui semblent avoir tenue le coup à ce cataclysme. A 7H30, malgré tout et envers et contre tout Serge prend la route, il ne peut ouvrir les yeux, il ne peut courir. Pour la première fois depuis sa carrière d’ultrarunner, il mettra un caleçon pour se protéger du froid et du sable qui le cingle de plein fouet.Il marche en zigzaguant ne parvenant à tenir un cap. La visibilité est réduite à 50 mètres dû à cet épais brouillard de sable. Serge après plus de 2 heures de lutte sur la route et 8 kilomètres, abandonne pour la première fois la partie pour cause de mauvaises conditions climatiques. Il ressemble au bonhomme de sable, malgré les lunettes de soleil pour se protéger les yeux, il a les cils recouverts d’une épaisse couche de sable, ces lèvres malgré le chèche sont couleurs sables et sa salive teintée. Nous regagnons tous l’oasis de Siwa, sur la route le vent fait déporter la voiture. L’air est sablé, la route est sablée, nos cheveux sont sablés. Bref, gardons un peu d’humour, les petits sablés sont au rendez-vous. C’est l’enfer de Siwa qui nous s’ouvre à nous. Comme si tout cela ne suffisait pas, Amr qui a dejà crevé hier, a crevé à nouveau ce matin. Nous sommes tous à bout de nerf, de fatigue après cette nuit blanche et il me prend l’envie de m’endormir et de me réveiller au Caire sur la ligne d’arrivée.Les seuls points positifs : les problèmes de site internet sont résolus à la plus grande joie d’un certain nombre d’entre vous qui commençait à s’inquiéter et ce soir nous dormirons à l’abri de ce vent infernal qui n’a jamais cessé et de ce sable qui vous pénètre jusqu’aù plus profond de vous même.Serge est reparti à 13H30, pour essayer de glaner quelques kilomètres car pour une arrivée le 2 février, il ne faut en aucun cas qu’il faille à ces 70 km quotidien mais malheureusement il faudra gérer une nouvelle fois la situation avec une deuxième étape de 13 km et 21 km au total pour ca jour. Nos 2 couples sont allés se promener jusqu’à la citadelle de Siwa désertée, ventée et sableuse mais semble-t-il très jolie. Nos « imageux » sont au chomage technique, le matériel doit rester bien rangé au chaud sous peine de rendre l’âme par l’attaque du sable omniprésente. Vous n’aurez donc qu’une photo pour ce jour prise au retour de la deuxième étape de Serge. Nous espérons que demain, tout cela sera un mauvais souvenir. Nous sommes bien pessimistes car nous venons d’apprendre que ce soir, les avions ne peuvent pas se poser à l’aéroport du Caire à cause de cette tempête. Il est annoncé que la météo ne devrait pas voir d’amélioration dans les prochains 72 heures. Serge est ce soir à 41 km de la bifurcation pour la piste vers Bahariya, notre prochaine ville que nous devrons atteindre dans 6 jours, Inch’allah….