J116 – 80.0Km
Dimanche 25 Janvier : N 28°51.687′ / N 28°47.349′ E 26°22.401′ / E 27°04.331′ J116 : 80 K (8H44′) Total : 7723 K Altitude : – 3 m T° : min 10°C – max 23°C vent de nord-ouest
‘Nous retrouvons aujourd’hui notre Serge des grands jours, une foulée digne d’un géant et une allure des plus décontractée dans sa course. Le vent lui est favorable autant qu’il nous a été défavorable au campement, nous empêchant de monter les tentes et nous obligeant à nous protéger sous la toile tendue entre les 2 véhicules qui a d’ailleurs été bien difficile à installer. Bref, ce vent est une véritable plaie pour les uns… et une véritable chance pour Serge qui au 74ème kilomètre passe devant le campement à vive allure rappellant la « sangsue » qui était déjà rentrée à l’écurie. Serge terminera sa journée au 80ème kilomètre cassé malgré tout par ce rythme soutenu tenu pendant près de 9H00. Le Caire se rapproche et Serge avoue y penser depuis 2 jours, ce fameux jour où il n’a pu faire que 21 km. Il sait que tant qu’il n’aura pas franchi la ligne d’arrivée, la course n’est pas terminée et que jusqu’aù dernier jour, rien n’est jamais gagné. La fatigue est omniprésente en chacun de nous et nous supportons de plus en plus mal le moindre détail déplaisant tel que le mauvais temps, le réveil du matin dans le froid, la fatigue de l’un, la mauvaise humeur de l’autre. Mais dans l’ensemble, nous sommes tous unis par cette difficultée et chacun de nous attend avec impatience le dénouement de cette course à l’usure aussi belle que difficile. Comme l’a dit un jour une personne : « je vous laisse à vos chimères ». Certes, l’exploit demande de la rigueur et un dépassement de chacun de soi même chez les équipiers et au fond pourquoi ??? Alors je pose aussi la question de savoir à quoi servent les traversées d’océan à la rame, les tours du monde à la voile, l’ascension des plus grands sommets, les traversées de continent en chien de traineaux, les tours du monde autour de l’équateur et tous ces autres exploits hors du commun. Je pense avoir trouver une réponse pour cette personne : tous ces « Aventuriers de l’Inutile » nous permettent de rêver.

Dans un ton plus léger, il me reste à vous présenter la troisième femme de l’équipe : Myriam Trinel. Myriam nous l’avons rencontré en Bolivie avec son mari Jean-Claude lors de la traversée de l’Amérique du sud. Elle nous a suivi pas à pas depuis le départ et surtout elle a laissé partir Jean-Claude pour une absence de 2 mois et demi afin qu’il nous rejoigne au Mali, lorsque notre équipe était en déroute….elle fait partie intégrante de cette aventure et comme elle le dit elle-même partager les deux dernières semaines de la Transafricaine lui permet de rentrer dans l’ordinateur en tant qu’actrice cette fois et de se rendre compte de la vie du groupe au rythme des foulées de Serge. Après 2 ans de tour du monde (2000 à 2002) avec son mari et leur fidèle amie « roulotte » (Toyota Landcruiser), la vie de bivouac ne lui a posé aucun problème d’adaptation. Leur petit Kiéran agé de 16 mois les attend avec impatience en France et comme livre de chevet, il a droit à la lecture des aventures de papa-maman en Egypte avant d’être en âge lui aussi de faire des grands voyages. Pour l’anecdote, c’est la première fois que nous atteignons presque sur une trans-continentale, la parité femme-homme !’