J117 – 75.0Km
Lundi 26 Janvier : N 28°47.349′ / N 28°39.155’E 27°04.331′ / E 27°44.740′ J117 : 75 K (8H55′) Total : 7798 K Altitude : 154 m T° : min 6°C – max 22°C vent de nord-ouest +
‘Habituellement chaque transafricain plante sa tente où bon lui semble. Nos guides égyptiens dressent les leurs le plus près possible des véhicules ; généralement on trouve ensuite à proximité le cocon douillet de Laure et Serge étalé sur un terrain plat et dépourvu d’obstacles pour éviter au valeureux vétéran du groupe de trébucher en se relevant la nuit. Ludo n’est jamais très loin non plus, on ne sait pas trop si c’est pour gagner du temps le matin ou pour veiller sur son »maître ». Le petit nid d’amour du couple Alexis Laëtita est souvent niché au creux d’un rocher ou d’une dune de manière à demeurer bien dissimulé et à éclater de rire comme bon leur semble dans la nuit sans gêner le voisinage ; quant à Jean-Claude et Myriam leur côté sauvages les oblige à de nombreux aller-retour pour transporter leurs affaires à plusieurs dizaine de mètres de leur compagnon d’aventure. Voilà, mais ce descriptif n’est valable que dans des conditions de bivouac, dites, normales. Hier soir, le vent toujours lui, a perturbé les plans d’occupation du sol du village ambulant des transafricains. Toutes les tentes ont été montées en dernière minute sur les 10m2 délimités par les trois 4X4 de la caravane. C’est plutôt pratique pour dialoguer en position allongée avec ses voisins, mais c’est un rien déplaisant de tenter de trouver le sommeil avec en fond sonore un concerto pour trois ronfleurs et autres musiciens dont les talents sont difficilement avouables sur un site internet aussi réputé que celui de Serge Girard. De plus, le vent qui aurait dû porter ces douces mélodies loin de nos oreilles s’est essoufflé rapidement en début de nuit. Ce matin les températures étaient certes fraiches mais le sable ne volaient plus dans les tasses et les bols.Serge a le sourire aujourd’hui. Après une accalmie de 12 heures, le vent du désert s’est remis à souffler favorablement en milieu de matinée. Il le pousse et semble le faire voler dans un décor chaque jour plus somptueux. L’étroit cordon de bitume faisant théoriquement office de route voit de plus en plus frêquemment sa suprêmatie mise en doute par le sable qui le recouvre parfois de plusieurs mètres d’épaisseur. L’occasion rêvée pour nos chauffeurs de démontrer leur talent sur ce terrain qu’ils semblent affectionner. Serge doit se transformer une nouvelle fois en coureur tout terrain. Il escalade les monticules de sable en s’enfonçant jusqu’au cheville avant de redescendre tant bien que mal sur le versant opposé. La méthode n’est peut-être pas des plus artistiques, mais elle a l’avantage d’être spectaculaire et efficace. Tous les appareils photos disponibles sont de sortie. En face, Serge court sur un trait de crayon noir qui plonge dans une mer de sable clair, parfois blanc, et de part et d’autres les champs de dunes se partagent le paysage avec des sculptures figées aux formes étonnantes. Là on croit reconnaître la proue d’un bateau , plus loin se dessine les contours d’une marmitte géante posée sur un foyer de sable, ou l’extrêmité d’une énorme punaise à demie plantée dans le sol. Pour Serge ce décor est l’un des 3 plus beaux de son épopée africaine avec la vallée du fleuve Niger au Sud de Gao au Mali et biensûr avec la traversée du Ténéré. On le sent presque euphorique, il fait plaisir à voir. On le sait fatigué, usé et pourtant il chevauche et affiche un large sourire quand on le double et une bonne humeur communicative. Serait-ce que l’arrivée au Caire serait proche ?L’image du jour: (avant toute chose je tiens à préciser aux journalistes de Paris-Match, Voici et Gala que les clichés diffusés ci-dessus sont la propriété exclusive de Serge Girard, et qu’ils ne peuvent par conséquent s’en servir pour illustrer un article à sensation sur la Trans-afrique).Amr et Nasser arrêtent Laëtitia Myriam Laure et Jean-Claude au pied d’une source d’eau chaude qui se deverse d’un gros tuyau dans une mare artificielle en plein désert. Laure décide de prendre un bain revigourant. Elle s’enveloppe dans sa serviette blanche et avance en direction du point d’eau. Malheureusement pour elle le sol n’est q’un sable mouvant qui a bien du mal à la porter. Laure se retrouve très vite à 4 pattes tenant désespèrément sa serviette de bain autour de la taille. Biensûr les inconscients qui l’accompagnentne peuvent s’empêcher d’éclater de rire en voyant leur »patronne » tenter de se sortir tant bien que mal de la boue nauséabonde qui la recouvre jusqu’à mi-jambe. Amr enguide émérite lui crie : »- Madame madame ! »Ce seront les seules phrases de soutien qui lui sera possible de lancer avant de partir à son tour dans un joyeux fou-rire en assistant impuissant aux ébats boueux de Laure.Nous pourrions conclure par la traditionnelle formule : plus de peur que de mal, mais avouons que personne n’a vraiment eu peur, si ce n’est Laure, mais pas pour sa personne, mais pour sa paire de tongue engloutie dans un demi mètre de bouillasse gluante. Résultat des courses Laure a fini par se doucher sous le gros tuyaux rouillé crachant son eau chaude et odorante, et nous êtions tous très contents de pouvoir l’imiter. Tous, à l’exception de Laëtitia qui préfère encore sentir le sable et la poussière que l’odeur de vieille ferraille humide.’


