J120 – 75.0Km
Jeudi 29 Janvier : N 28°20.632′ / N 28°44.855′ E 28°58.551′ / E 29°10.283′ J120 : 75 K (8H53′) Total : 8025 K – 8000 km en 119 jours 4 heures et 30 minutes Altitude : 166 m T° : min 8°C – max 27°C très peu de vent
‘Cette fois nous pouvons parler de dernière ligne droite jusqu’aù Caire car effectivement, il n’y aura plus de bifurcation à 90° mais une longue remontée nord-est pour Serge jusqu’aù Pyramides. L’Everest de Serge a été atteint au 50ème kilomètre, 8000 kilomètres … de douleurs, de souffrances, de doute mais surtout de rêve, de bonheur et de certitude. Les contradictions sont nombreuses après tant de jours passés sur la route mais l’exploît est en voie d’accomplissement et plus rien ne semble pouvoir empêcher Serge d’atteindre comme prévu le Caire, lundi 2 février. Ce sera son 4ème continent traversé et sans aucun doute le plus difficile. Il achevait en 2001, la traversée de l’Amérique du sud sur ces paroles : «j’aurai du mal à faire une traversée plus difficile encore » et pourtant il l’a fait. Son état physique est sans aucune comparaison meilleur qu’à son arrivée à Rio puisque Serge handicapé par une pubalgie et des douleurs lombaires avait été contraint de ne plus courir pendant 4 mois. A 4 jours de l’arrivée, les questions fusent et hier à celle de Laëtitia demandant s’il allait continuer à courir après, Serge a répondu qu’il irait faire un footing de 5 km dès le lendemain de l’arrivée. Serge est sans aucun doute usé mais la peur du vide, du néant, du manque que peut laisser 123 jours course quotidienne l’inquiète : « je sens que je ne peux pas stopper brutalement ni mon corps, ni mon esprit ». Certains pourront parler d’accoutumance, de drogue ; Serge lui aime à parler de sucré-salé : le bonheur d’avoir atteint son but- la tristesse que cela s’arrête car au fond il se sent comme un poisson dans l’eau lorsqu’il s’agit de courir sur terre…. Pourquoi Serge court-il après les kilomètres et la performance en longue distance ? Pourquoi Serge fait cela ? Je répondrai partiellement à cette question que bon nombre d’entre vous se pose : d’une part tout simplement pour l’amour des chiffres, de façon plus personnelle il souhaite que ses parents soient fiers de ce qu’il réalise et puis après une vie tourmentée professionnellement, la course de grande endurance lui a permis de surmonter les difficultés. En 93, Serge est parti sur la trans-America seul avec son sac-à-dos sans assistanceavec la seule volonté de finir cette course dans le but de pouvoir affronter les pires adversités de la vie. La course de grande endurance apporte à Serge une force intérieure qu’il n’aurait pas sans elle. Et puis avec un brin d’humour, il aime à dire qu’il expie ces fautes…. Et j’ajouterai qu’elles doivent être nombreuses !’


