J32 – 2/11/2003


J32 – 60.0Km

Dimanche 2 novembre : TY/BIMA J32 : 60K (7h11′) Total : 2107K
Les chiffres du jour : 1 mois de course et 100 semi-marathons.Serge prend la parole :« Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour tous vos messages de soutien qui ont dépassé certains jours les 250. Je ne peux malheureusement pas répondre à tous. Cette traversée longuement mûrie dans mes pensées lors de la préparation ne me laissai pas présager une telle chaleur. Mon corps a eu du mal à supporter cette canicule. La deuxième difficulté réside dans le faît de n’avoir pas effectué de reconnaissance, les pistes indiquées sur les cartes n’existent plus, les routes ont disparu. Cela nous a porté préjudice, navigation au GPS, sentiers de brousse…. Après avoir pris la décision, suite au départ de 3 suiveurs de changer d’itinéraire pour sauver cette traversée, nous suivons maintenant une route goudronnée. Ce nouvel itinéraire plus confortable est malheureusement plus long d’environ 700 kilomètres. Les 100 jours de course seront donc revus à la hausse mais tel un marin avec sonéquipage, l’essentiel est de parvenir à bon port.Physiquement, je me sens de mieux en mieux, je m’accoutume à la chaleur. Contrairement aux autres traversées où 10 jours d’acclimatation me suffisaient, ici il m’aura fallu 3 semaines pour trouver un rythme et que le corps suive. Le point le plus positif : dans tous nos problèmes nous avons retrouvé une cohésion et j’ai retrouvé une envie folle de courir et la certitude d’arriver au bout alors que le début de course n’éyait fait que de doutes. J’attends le reste des renforts demain avec impatience mais d’ores et déjà je souhaite saluer le courage de Laure et Ludo pour m’avoir permis de continuer mon rêve malgré des conditions extrêmement pénibles.Cela marque le paradoxe d’un record en solitaire qui en réalité sera l’oeuvre de toute une équipe.L’Afrique : continent extraordinaire.Je n’ai jamais rencontré de gens aussi souriants et accueillants. Le sens de la progression à pied est une réalité sur ce sol, je me confonds avec eux lorsque sur la route je rencontre ces piétons qui partent pour des centaines de kilomètres. Leur progression est une aventure, tout comme la mienne. L’Afrique ne se traverse pas à pied d’un coup de baguette magique, comme toute chose extraordinaire, il y a un tribu à payer : le mien est de 70 km par jour mais cela n’est rien car la véritable richesse ce sont les levées de soleil que j’admire tous les matins, les paysages que je contemple et dans lesquels je puise ma force et toutes ces rencontres humaines fortuites mais intenses. Plus les choses sont belles, plus elles sont difficiles à conquérir. Surtout ne me plaignez pas, je vis pour ma passion. Elle est parfois difficile mais c’est mon choix. Je suis un homme heureux et comblé et je sais que nombreux sont ceux qui aimerait être à ma place. »