J55 – 70.0Km
Mardi 25 novembre : ? / Martaba J55 : 70K (10h03′) Total : 3792K T° : min 15°C-max 40°C vent d’est
Ne cherchez pas Martaba sur votre carte d’Afrique, c’est un hameau de huttes (voir photos) où vivent queques Peuls Boboros, les femmes portent des nattes sur l’arrière et un chignon sur le devant de la tête ainsi que des tatouages sur le visage. A cet endroit, un panneau indique Agadez à 164K. Serge marchera 4 km après ce minuscule village claudiquant à grandes enjambées. Ces femmes avec lesquelles Mohamed a discuter en Tamashek lui demandent :« c’est pour guérir quoi qu’il fait ça ? » Mohamed leur répond qu’il faut lui demander. Serge nous répondra à table que c’est pour guérir son âme… (un large sourire s’affiche sur son visage). Aujourd’hui, un grain de sable (déjà) est venu enrayé la belle mécanique de Serge. La cadence ralentie, le corps penché sur le côté, le visage fermé, le regard fixé sur ses pieds, et une simple poignée de main au lieu de l’amicale tape sur l’épaule du matin, ça ne fait aucun doute, Serge ne va pas bien. Sa cheville le tiraille et les vieux démons ressurgissent, accompagnés de leurs lots de questions et de doutes. L’histoire a commencé par un beau matin sénégalais, lorsqu’en quittant le campement à la nuit, Serge a trébuché et s’est tordu le pied. Les mains de kiné de Ludo ont fait ce qu’elles ont pû, mais elles n’ont pas réussi à guérir totalement la blessure. Depuis, la cheville défaille et le mal est vicieux, se faisant oublier l’espace de quelques jours afin de réapparaitre brûtalement. Le désert est tout prêt, à portée de baskets. La douleur, la souffrance, Serge connaît c’est son lot quotidien. Mais l’inquiétude apparaît, les interrogations se bousculent et troublent son esprit tout au long de cette route monotone et déserte. Il faut tenir, il doit tenir et il tiendra. Mohamed accompagne Laure sur les derniers kilomètres et ravitaille même Serge, une façon à lui de le soutenir et de lui donner du courage pour terminer cette difficile journée. A la borne agadez-160, ils attendent Serge pour le ramener au campement qui se trouve dans les terres à 200m de la route, cela peut paraître bizarre car après avoir parcouru 70K, certain pourrait se dire qu’il n’est plus à 2 ou 300 mètres près et bien effectivement les jours de forme il nous rejoint en marchant lorsqu’il s’arrête à hauteur du camp. Vous aurez tous compris que la forme d’était pas au rendez-vous.Au campement, Ludo s’apprête à intervenir mais ici on croit bien plus au courage et à la volonté qu’au miracle.Quand Serge ne va pas bien, les bivouacs se font tristes. La douleur est silencieuse, et les repas aussi. On cherche à accrocher un regard, on voudrait trouver les mots qu’il faut, mais au bout du compte, chacun replonge le nez dans son assiette, et mange sans mot dire. L’ambiance se déridera à la fin du repas avec des blagues qui font beaucoup rire Mohamed. Et tel que je le connais,dès l’aube, Serge se substitura de nouveau à l’étoile du berger, pour nous montrer le chemin du Ténéré, et faire à la douleur un magistral pied de nez ! Il reste 160K jusqu’à Agadez, porte du désert et déjà les buissons clairsemés sur le sable nous rapproche de ce point que chacun appréhende en même temps qu’il l’attend avec impatience. Nous questionnons beaucoup notre guide et ses acolytes qui connaîssent ce désert dans lequel ils sont nés. Nous commençons à organiser la suite du voyage qui va connaître quelques remaniements tant dans l ‘équipe qu’au niveau des véhicules. Suspens !


