J96 – 87.0Km
Lundi 5 Janvier : Borne 86 – Station service de Maradah J96 : 87K (10h46′) Total : 6253K Altitude : 15 m T° : min 3°C – max 24°C
Surprise surprise, ce matin au réveil. L’humidité de l’air est inhabituellement élevée. Les tentes sont aussi trempées que s’il avait plu, et les affaires restées à l’extérieur durant la nuit sont affublées de milliers de goutellettes. La mer se rapproche, à moins que ce soit nous qui nous en rapprochions. L’aube fait des pieds et des mains à la nuit pour paraître plus lumineuse. Le soleil viendra à sa rescousse un peu plus tard, alors que Serge aura déjà parcouru ses premiers kilomètres. Voilà bien longtemps que nous ne vous avons pas gratifié d’un joyeux refrain extrait du riche répertoire de la chanson française. Aujourd’hui plus que jamais, le couplet de circonstance serait chanté par Souchon, l’éternel ébouriffé et sympathique chanteur (il a au moins un point commun avec Alexis) : »…On avance, on avance, on avance, c’est une évidence, on avancefaut pas qu’on réflèchisse ni qu’on pense faut qu’on avance, etc… »Et il avance Serge sur le territoire libyen qui semble parfaitement lui convenir. Encore un long cordon de bitume, toujours le même depuis deux jours, bordé de sable de part en part et à l’horizon la silhouette d’un immense bloc rocheux qui fait penser aux amoureux de l’Australie qu’ils approchent du plus gros monolythe du monde appelé Ayers Rock. Serge a ce monstre de roche friable en pointe de mire pendant plusieurs heures avant de le dépasser dans un paysage parsemé ça et là d’autres figures de la nature sculptées au gré du temps et des tempêtes. Le vent est moins soutenu que ces derniers jours. Un répit apprécié au campement planté aux portes de Madamah, où lessives et dépoussièrage sont de mises sous un soleil radieux. Serge avance mais son visage est de de plus en plus marqué par les efforts répètées après plus de 6000 kilomètres de course. Le réveil de bon matin est chaque jour un peu plus difficile tout comme la mise en route, les fins d’étapes parraissent de plus en plus longues et sa couchette dans le mulet de plus en plus haute. Ce soir le soleil se couche sur un lit de nuage. Serge courait déjà quand il s’est levé, il court encore quand il disparait. Maigre consolation, il est aux premières loges pour en admirer les couleurs de feu qui illuminent le ciel. Le camp n’est plus très loin, une douche chaude l’attend à la station service du coin. Même si vous ne l’avez jamais vu vous le reconnaitrez facilement parmi nous tous. Serge, c’est le premier lever (après Laure) et le premier coucher. C’est aussi le plus maigre d’entre nous, mais vous pouvez aussi le reconnaître le soir à sa démarche de papi mal en point à qui on aurait envi d’offrir son bras pour qu’il puisse s’y appuyer.Ce soir, une fois n’est pas coutume, autour du feu les gamelles sont garnies de nouilles et de chameaux et pour les amateurs, Mohamed a fait griller des brochettes de foie et de coeur de mouton, pour les amateurs seulement !


