J79 – 3/6/2006


J79 – 75.1Km

LUNDI 6 MARS
N39 57.473 E41 20.360 (1829m -10km après ERZURUM) – N40 01.957 E42 07.092 (1561m – HORASAN)
75,1km – 9H23

-5°C, à 7H15 Serge prend le départ et commence par 3 km de côte. Ce sera la seule de la journée puisque par la suite le profil descendra tranquillement jusqu’à Horosan.

Ce fût la journée des contrôles : 2 voitures de police et l’armée : 6 militaires se présentent à nous, mitraillette en bandoulière pour un contrôle de passeport. Nous sentons que l’ambiance est plus sensible à l’approche de la frontière. L’est de la Turquie est également le refuge de la minorité kurde (12 millions de kurdes pour 68 millions d’habitants). Les kurdes demandent depuis presque la nuit des temps le droit à un territoire, et à défaut de territoire au moins de pouvoir garder leur entité kurde : école, presse dans leur langue, télévision … or tout cela est pour le moment interdit par le gouvernement. Ce problème kurde est une des raisons pour laquelle la Turquie n’est pas encore entrée dans l’Europe puisque l’Etat ne respecte pas les droits de cette minorité, ni leur liberté d’expression.

De nôtre côté, nous sentons un changement radical d’ambiance. Les gens sont moins ouverts et les regards différents, pas question de parler ouvertement à une femme, qui la plupart du temps détourne la tête à notre passage. Les villes sont plus pauvres, plus sales. Les chevaux comme moyen de locomotion font leur réapparition. Nous sommes loin, très loin d’Istambul.

Tout cela nous le respectons bien sûr, nous sommes les plus discrets possible.

A Pasinler, cela n’a pas empêcher notre caravane d’attirer l’attention : voilà les Dupont et Georges partis prendre le thé au commissariat avec la police. A la sortie de la ville, Serge tombe sur les écoliers qui sortent des cours : cet attroupement est incroyable (voir les photos). Un moment magique comme tant d’autres …

Serge nous dira ce soir que sa journée s’est bien passée hormis les 15 derniers kilomètres qui lui ont semblé très longs.


L’INCROYABLE DÉFI DE SERGE GIRARD