J104 – 3/31/2006


sous le soleil exactement

n’ai pas peur Laure, ce sont des graines de soja

peu de place pour courir

un peu de musique sur fond de ciel

on adore pauser

lorsque le vent s’en mêle

où sont les femmes ?

un peu de répis sur une frontage road

figuratif

lorsque l’épuisement me gagne

J104 – 75.7Km

VENDREDI 31 MARS
N36 09.167 E58 09.280 (1101m) – N36 10.936 E58 52.991 (1238m – 10km après NEYSHABOUR)
75,7km – 10H13

Le sol est trempé suite aux intempéries d’hier soir mais comme nous avons de la chance, le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous pour le départ de Serge. C’est une journée des plus banales : peu de rencontres, un paysage similaire à celui d’hier : montagnes, champs labourés (déjà), troupeaux de moutons et de chèvres. La circulation est toujours importante et arrive à être dangereuse surtout lorsque les bas-côtés se font rares. Les vacances du nouvel an iranien se terminent lundi soir et beaucoup de pélerins venus à Mashhad vont repartir vers la capitale. Le trafic promet d’être toujours dense.

Hier soir et ce matin le sud-ouest du pays a connu une tragédie : un violent tremblement de terre a fait 2000 morts. Les secousses sismiques sont assez fréquentes dans le pays surtout dans les régions du sud et du sud-ouest.

Serge remonte une succession de longues lignes droites jusqu’à Neyshabour avec un vent de face. Il lui faudra atteindre le 62ème kilomètre pour retrouver un vent favorable. Serge ressemble à un roseau qui plie sous le vent. Le buste incliné sur la droite, plié en avant, chaque foulée ressemble à une lutte contre un élément bien plus fort que lui. Au 65ème kilomètre, il nous dit : « Je suis au bord de l’épuisement ». Son visage porte tous les stigmates d’une grande fatigue. Il finit son étape en marchant les 2 derniers kilomètres. Le balancement de ses bras de droite et de gauche le maintient dans un équilibre précaire.

Ce soir après un bon massage, Serge mange comme 4 à en avoir mal au ventre et s’endort sitôt couché. Une nuit de repos ne sera pas un luxe pour recharger les batteries.

Bonne fête à tous les Benjamin et plus particulièrement à mon neveu et filleul : Benji.


L’INCROYABLE DÉFI DE SERGE GIRARD