J9 – 81.0Km

10/10 – Fété Niébé (Sénégal) / Kouloumbo (Mali) Jour : 81 K (11h47′) Total : 694,5 K
Nous sommes maintenant à plus de 650 km à l’intérieur des terres. Loin de la côte atlantique, chaque soir à la tombée de la nuit, se produit le même scénario : le peu d’air circulant dans la journée s’éteint en même temps que le jour et il fait alors à peu près autant de vent que sur la Lune, autrement dit pas le moindre souffle, absolument RIEN ! Dès lors, l’intérieur confiné de la tente se transforme rapidement en sauna. Certains d’entre nous ont bien essayé de dormir dehors mais les moustiques rendent l’affaire délicate pour notre peau d’Européen encore trop fraîchement débarqué.Ce n’est que plus tard dans la nuit, vers 2 heures du matin soit l’heure à laquelle nous nous levons, que la température est la plus agréable, de l’ordre de 26°C. Une journée particulière s’annonce, qui sera pimentée par la première des quatre ou cinq frontières que devra traverser la TransAfrica, puisque nous allons rentrer au Mali. Au 46ème kilomètre atteint ce matin par Serge en 6 heures tout juste, le Saviem est envoyé en éclaireur vers Kidira, ville-frontière sénégalaise qui fait face à Diboli, son homologue malienne, posée de l’autre côté du fleuve Fémélé. Personne ne sait à quelle sauce notre groupe de six personnes, équipé de deux véhicules tout-terrain, de matériels photo, vidéo, informatique et d’une antenne satellite va y être mangé, mais, bien que possédant tous les papiers théoriquement en règle, nous craignons d’y passer de longues heures face à des douaniers soupçonneux ou pas forcément coopérants.Loin de nos craintes et des idées préconcues, le passage du pont-frontière se passera en douceur et en à peine deux heures de temps. Sans bakchich, contre une simple photo d’identité et 1000 Francs CFA (1,5 Euro) par personne, face à des douaniers maliens parfaitement francophones, extrêmement courtois et sympathiques, surtout curieux d’en savoir plus sur cette canicule dont on parle jusqu’ici et qui aurait parait-il tué cet été tant de personnes âgés en France… Dans cette province de l’Ouest du Mali, les 40° sont en effet le lot quotidien, voire largement dépassés au plus chaud de l’année, pendant les mois de mai-juin et pourtant, on n’en meure pas forcément.Ces presque deux heures de pause forcée remettront cependant Serge sur la route à midi, pour ses 20 derniers kilomètres du jour, sous une chaleur terrible et difficilement supportable même si on la sent plus sèche. Une route qui devient d’ailleurs aussitôt entré au Mali, piste cahoteuse et poussiéreuse. A l’issue de cette longue journée, il faut vite installer le campement et nous choisissons de quitter la piste pour nous noyer au beau milieu d’une savane d’herbes blondes nous grimpant jusqu’au menton, parsemée d’arbustes chétifs et de baobabs majestueux. C’est dans ce décor de cinéma que nous nous posons pour la nuit et pouvons bientôt admirer, émergeant au-dessus de la savane, le lever de lune, parfaitement ronde et pleine ce soir.