J60 – 30/11/2003


J60 – 58.5Km

‘Dimanche 30 Novembre :N 17°02’787/N 17°13.347’E 08°48’349/E 09°14.547′ J60 : 58,5 K (8h14′) Total : 4109 K’
Il n’est pas rare, avouons le en restant toutefois modestes, que nous recevions des messages d’encouragement, concernant les compte-rendus journaliers de ce site internet. Nous en sommes biensûr très flattés, et cela nous stimule pour faire encore mieux. Certains mêmes, les plus poètes,se disenttransportés en Afrique chaque foisqu’ils se connectent, palpant les odeurs, imaginant les décors, les bruits et s’imprégnant des multiples scénes de la vie quotidienne. Mais aujourd’hui, et je suis persuadé que vous ne m’en voudrez pas, je vais vous épargner tout cesdétails croustillants, au moins pour le paragraphe qui suit. Ne vous en faites pas, nous ne nous sommes pas lancés des injures par paquets de 10, nous n’avons pas dit du mal de nos chers lecteurs, non, rien de tout cela.Cette nuit, la plus fraîche depuis le début de la course, a vu l’infirmeriede la transafricaine se remplir,  »en fanfare ». Nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises de la cheville de Serge, le feuilleton je pense, est bien loin d’être terminé, mais aujourd’hui,pour ce premier bivouac de cette deuxième partie de parcours, cette maudite cheville s’est fait voler la vedette par des bruits divers et suspects annoncant des nuits difficiles dans certains igloos. Ludo, s’estoffert une petite cure d’amaigrisement express, imité en cela par Jean-Claude qui passa une bonne partie de la nuit plié en deux, non pas de rire, malheureusement. Ca, c’est l’infirmerie au masculin. Chez les filles (elles sont 2 depuis hier soir, mais je vous en dirai plus dans quelques lignes), le sommeil fût également bien mouvementé. Laure, qui s’était couchée le ventre vide,n’a cessé d’entrer et sortir de sa tente pour alterner les positions accroupies ou penchées en avant. A l’aube, vidée de toutes ses forces, elle ne pût accompagner Ludo dans la voiture suiveuse.Accueil bien spécial me direz-vous pour nos 2 nouveaux transafricains fraichement débarqués de la veille au soir. Je me demande encore pourquoi, devant un spectacle aussi désolant, ils ne sont pas empressés de repartir en courant, leurs sacs sur le dos ! Les deux ventriloques vont maintenant beaucoup mieux, mais Laure, que trois heures de pistes n’ont pas suffit à guérir, demeure cette après midi, d’une santé bien fragile. Les pronostics vont bon train et pour le moment, c’est la gastro qui emporte la mise. A suivre…Je tiens à rassurer sa famille, le couple Serge-Laure continue de se taquiner, signe évident d’une guérison prochaine !!Cette journée fût donc la première d’une longue série pour Alexis et Laëtitia.Après un petit déjeuner mouvementé, suivi du traditionnel badigeonnage de crème solaire pour peau fragile de français en plein hivernage,le couple parisien s’est mis en route en compagnie de Pascal et Mohamed. Fait du hasard, pas tout à fait, le véhicule comptait à son bord les deux  »entrant » et les deux  »sortant ». Pascal, a donc passé sa dernière journée avec son remplaçant, temps minimum nécessaire pour la passassion de pouvoir entre les deux cadreurs qui se connaissaient déjà. Laëtitia a eu le privilège de voyager une bonne partie de la journée avec Ludo, mais surtout avec l’appareil photo pour lequel elle semble avoir un sérieux penchant.Mohamed nous a fait ses adieux après un bon mois de transafricaine. C’est Pascal qui aurait pû le mieux en parler, l’ayant cotoyé à longueur de journée.Nul ne me contredira cependant si je vous dit que cet homme a une prestance qui n’a d’égal que sa gentillesse et son professionnalisme. Aujourd’hui encore, Serge a couru et les caravanes sont passées, conduites par des hommesdont on ne devine que les yeux sous les cheches blancs, ajoutant s’il en était besoin, une note de mystère et de couleur dans ce paysage exceptionnel. J’aurais pû qualifier le décor de grandiose ou de somptueux mais j’ai bien peur de manquer de superlatifs pour les jours à venir. Nous mangeons notre lot quotidien de poussière aussi fine que du talc, Serge voit sa progression ralentie, comme prévue, par le terrain, le dos des suiveurs élabore de nouvelles recettes de compote, les douches quotidiennes ne sont plus qu’un lointain souvenir mais nous nous sentons pourtant infiniment bien et savourons au maximum chaque minute qu’il nous est donné de vivre dans ce désert.Et, comme il était écrit que cette journée ne devait pas être banale, Jean-Claude, en préparant le bivouac du jour, s’est aperçu que son sac de voyage était resté au bivouac de la veille. Oh, 58+58 ne font que 116 kms aller-retour. Ca fait du bienun petit tour en voiture avec Mohamed (le nouveau), à croire que ça lui manquait !!!