J74 – 14/12/2003


J74 – 52.0Km

Dimanche 14 décembre : N 20°22.512′ / N 20°37.997’E 13°14.113′ / E 13°36.056′ J74 : 52K (7h11′) Total : 4823K Altitude : 580 m T° : min 10°C – max 36°C vent du nord ++++
Hier soir, Agali (et oui vous allez commencer à croire qu’il va nous être indispensable mais nous aussi) a confectionné un grill system D afin de faire griller le gigot et les côtes de mouton achetés à Séguédine. Serge et Jean-Claude se sont régalés en rognant les os presque jusqu’à la moelle, ne laissant aucun espoir aux charognards de se mettre un petit peu de viande sous la dent. La nuit tombant de plus en plus tôt, à 18h30, certains se dirigent vers leur chambre tandis que d’autres s’offrent une flambée avec le bois récolté par Ludo au gré des étapes.5h30 ce matin, c’est Laêtitia et Laure qui s’y collent. Serge est encore tout ensommeillé. Les nuits agitées par le vent ne sont pas de grandes qualités. 6H15, nous retrouvons notre carcasse de chameau en décomposition, repère confirmé par le GPS, une nouvelle journée commence. Nous suivons une piste bien tracée qui serpente à travers de petits massifs montagneux, nous nous croirions presque dans le Queyras. Le vent et le sable modèlent la roche en des formes bizarres : dentelées, pointues. Le terrain n’est plus que roche et cailloux à certains endroits et les véhicules roulent au pas, les pneus étant dégonflés, il faut faire attention aux crevaisons. 9h30, ce fameux vent du nord se lève. Au 40eme kilomètre, l’équipe du camp arrive au poste militaire de Dao Timi. Les fantassins sont là pour assurer la sécurité de la région du Kawar en d’autres termes : prévenir et éviter le banditisme dans cette zone prôche des frontières algérienne, libyenne et tchadienne. Les seuls véhicules croisés, des camions mercedes 6×6 qui transportent uniquement des passagers clandestins venant du Nigéria et du Ghana, ils se rendent en Libye poury travailler ou continuer leur route vers l’Europe. Nous attendrons 1 heure 30 pour obtenir le laisser-passer signé, ce qui nous permettra d’échanger quelques conversations avec ces militaires perdus au milieu de nul part en poste ici pour des missions de 3 à 6 mois. Serge passera ce poste à midi à peine, une vingtaine de soldats l’accueille. L’un d’eux a fait 2 kilomètres en vélo pour accompagner Serge jusqu’au fort puis un deuxième a pris le relai en courant sur 1 kilomètre pour guider Serge sur la piste qui rejoint maintenant Madama, tout en courant notre coureur apprend que ce soldat est un athlète qui pratique le 400m, le 800m et le saut-en-hauteur. Le bivouac s’improvise dans le creux d’un cirque de montagnes, des dunes de sable sont venues s’immiscer dans la roche éboulée. Le vent s’engouffre partout à tel point qu’aujourd’hui le déjeuner sera improvisé à la va-viteentre le TP3 et la table recouverte d’une bonne pellicule de sable sur laquelle il est impossible de poser la moindre assiette.Cette fine poussière sableuse s’imprègne partout dans la bouche, dans les yeux. Le chèche devient dans ces moments un élément indispensable de protection ainsi que les lunettes de soleil. Mais qu’à cela ne tienne les plus courageux ont planté leur tente sur différents paliers d’une dune. Nous espérons ne pas avoir à déclarer de pertes demain pour cause d’ensevelissement sous sable !