J13 – 52.5Km
14 octobre – Sandaré / Monzombougou Jour : 52,5 K (10h16′) Total : 963,5 K
‘Une si longue journée pour une si courte étape ! Lorsqu’on est un marathonien à 3 heures (Serge participe à très peu de compétitions mais a couru le Marathon de Paris 2003 en 3h07′) et qu’on aime autant courir mais surtout pas marcher, mettre 10 interminables heures pour couvrir 50 kilomètres est une épreuve psychologiquement très douloureuse. Toutefois, quand on en vient à bout, elle ne peut que renforcer le mental. A force de courage et au bord de l’épuisement, Serge a encore plié sans rompre sur cette nouvelle journée difficile, a encore raccourci son étape en tentant de garder la tête »froide », s’armant de patience, attendant de se refaire et de pouvoir remettre ses jambes à la course. 52 kilomètres à l’arraché depuis 4 heures du matin, jusqu’à l’ombre maigrelette mais apaisante de l’énorme baobab qui nous abritera pour la nuit. Le fait est assez rare pour être noté, Serge trottinera seulement pendant les deux dernières heures de sa progression. Seule bonne nouvelle du jour, il fait toujours (trop) chaud mais nettement moins humide et la température nocturne se rapproche de l’acceptable, du simple été caniculaire de nos contrées tempérées que nous avons quittées il y a peu. Accompagné de Stéphan qui marche à ses côtés durant plusieurs kilomètres, Serge râle et peste, incapable de rattraper de sa marche appuyé un marcheur inacessible qui maintient l’écart loin devant lui… Les paysages de ce Far-West malien traversés aujourd’hui l’auront sans doute aidé à ne pas sombrer, comme les très nombreux marcheurs isolés, croisés ou dépassés toute la journée. La brousse à perte de vue et ses nombreux troupeaux de zébus guidés par de fiers cow-boys enturbannés. De village en village, on voyage comme dans un livre, répondant aux saluts des populations tour à tour sarakollé, peule ou maure, reconnaissables à leurs traits différents et à leurs tenues vestimentaires allant du traditionnel turban façon Touareg au tee-shirt estampillé Nike. Au loin, se devinent également quelques campements de nomades.Nous nous dirigeons au nord-est vers la ville de Nioro-du-Sahel, proche de la frontière sud de la Mauritanie, et notre piste commence à s’ensabler progressivement. Une piste piégeuse qui nous vaudra un premier plantage de Toyota au fond d’une ornière d’où il devra faire appel à la rescousse du Saviem.Après Ludo hier, voici le 2è mini-portrait de l’équipe, celui de Rémy (photo 5 ci-dessus). Ce bricoleur de génie que l’on surnomme »Mac Giver », de la Guyane jusqu’à maintenant l’Afrique occidentale, est le mécanicien de l’expédition, responsable de l’entretien des deux véhicules (un Toyota HDJ8 et un Saviem TP3 équipé d’une cellule climatisée) et de tout ce qui se bricole en général, depuis le groupe électrogène jusqu’au robinet de douche. Ancien patron d’un garage automobile dans le Pas-de-Calais, il a effectué un virage à 180° en il y a trois ans et demi, quittant les affaires pour migrer vers la Guyane française où il réside depuis, en bordure de forêt amazonienne. Il a rencontré Serge l’été dernier sur la »Transe Gaule », une course par étapes à travers la France à laquelle ils participaient tous les deux (Serge termina 2è et Rémy 23è). Rémy a embarqué pour l’Afrique avec un plein carton de 40 kilos de crayons à papier et de crayons de couleur, offerts par un généreux donateur et ami de Boulogne-sur-Mer, qu’il distribue aux enfants sur sa route et qui les lui rendent en autant de sourires. Il aime tellement son petit camion qu’il a transformé sa cabine en coquette garçonnière dans laquelle il s’endort tous les soirs en écoutant du zouk après avoir grillé sa cigarette quotidienne roulée à l’Amsterdamer.’


