J14 – 15/10/2003


J14 – 75.5Km

15 octobre – Monzombougou / Yéréré Jour : 75,5 K (10h37′) Total : 1039 K
‘Chassez le naturel, il revient au galop. Tout du moins, au petit trot. Après ces trois dernières journées dans le creux de la vague, Serge est repartien courant, bien avant les aurorestoujours, d’un bon 8 km/h qui ne peut que rassurer toute son équipe. Et il fallait bien cela pour marquer le 1000ème kilomètre de la TransAfrica, imprimé dans le sable, à la moitié de cette 14 étape. Serge est un homme de chiffres pour qui chaque kilomètre et chaque seconde compte. A chaque instant, il sait précisément où il en est et, aidé de son cardio-fréquencemètre, il pourrait vous dire qu’à l’issue des deux premières semaines de la TransAfrica atteintes ce soir, il a déjà passé 142 heures 14 minutes et 20 secondes sur la route. Poste-frontière avec la Mauritanie, à la lisière du Sahara, Nioro-du-Sahel que nous atteignons après 50 kilomètres de piste sinueuse et poussiéreuse a des airs de pays de la soif. Nous en profitons pour y refaire 150 litres d’eau à la pompe municipale (pour la douche et la cuisine), extraite à la force du biceps, pour nous y ravitailler de 75 litres d’eau embouteillée (principalement réservée aux besoins de Serge) et pour y attraper une bière fraîche au vol dans l’unique taverne de la ville, également d’ailleurs l’unique bistrot à 200 kilomètres à la ronde. Dans les rues ensablées et écrasées de soleil de Nioro, on ne tient pas très longtemps hors de l’ombre et Serge traverse la ville sans la moindre pause.Au-dela de Nioro, on nous apprend que la trace devient plus ardue mais, jaugeant l’état de nos véhicules, nos informateurs nous prédisent de bonnes chances de nous en sortir… D’après nos cartes, la prochaine ville d’importance (Nara) est à 299 kilomètres et, une fois engagé, être contraint de faire demi-tour serait un sale coup pour le moral de chacun et l’option n’est même pas envisageable pour Serge. Il faudra donc passer. Entre tronçons de sable et passages empierrés, les chevilles de Serge sont mises à rude épreuve. L’un d’entre elles est douloureuse ce soir, nécessitant l’intervention de Ludo pour un strapping qui soulagera le travail de ses ligaments. Après le franchissement à gué d’une large rivière, le camp est dressé au sommet d’une colline, à la recherche d’un peu de ventilation. Attaqués à la tombée de la nuit par une pluie de sauterelles et d’insectes non déterminés plongeant sur nos lampes frontales et dans nos assiettes, le repli sous les tentes est réalisé ce soir en un temps record. Après Ludo et Rémy, 3è portrait de l’équipe, celui de Jean-Benoît, dit JB (c’est moi, photo 5). Informaticien de formation, j’ai lâchement abandonné il y a quelques années les salles ordinateur aseptisées pour me reconvertir dans la pige journalistique occasionnelle et, surtout, pour vivre au grand air. Depuis, je partage mon temps entre ma Bretagne natale (l’été) et ma Guyane d’adoption (l’hiver). Depuis ma prime jeunesse, mes rêves de voyage me transportaient en Afrique noire mais il a fallu que Serge me propose d’y partir avec lui pour m’occuper de son site Internet pour que je fasse enfin le grand saut et je ne peux ici que l’en remercier.Pour les amateurs de chiffres, bilan kilométrique de la TransAfrica après 2 semaines :<Semaine 1> 529 km, moyenne quotidienne 75,57 km<semaine 2> 510 km, moyenne quotidienne 72,85 km, moyenne générale quot. 74,21 km’