J15 – 16/10/2003


J15 – 65.0Km

16 octobre – Yéréré / Koréra Koré (jumelée avec Bures-sur-Yvette !) Jour : 65 K (10h23 ‘) Total : 1104 K
‘Attaque en règle des cram-cram sur les mollets de Serge toute la journée. Le cram-cram est un épineux court sur pattes, omniprésent dans les savanes du Sahel. Ses petites fleurs en boules hérissées de fines épines s’aggrippent à tout ce qui bouge et les dérange, chaussures, chaussettes, poils… Sur la piste de plus en plus rétrécie, Serge n’a plus de moyen de les éviter. Déjà contraint d’emballer ses chaussures hier dans du ruban Elastoplast pour tenter d’empêcher la poussière de sable d’y pénétrer, il lui faut remettre le pantalon de survêtement abandonné hier (le soleil meurtrier a fait une pause), et l’assortir d’une paire de guêtres pour se protéger des milliers de micro-piqûres de ce cram-cram sournois. Tout ça dans dans une fine couche de sable quasi permanente, décidément il est écrit que rien ne sera épargné au  »toubabou » (homme blanc) trottinant comme un forcené sur les routes d’Afrique. De notre côté à l’intérieur des véhicules, il est temps pour nous de nous familiariser au GPS et à nos deux téléphones Iridium qui nous permettent d’heure en heure de nous communiquer mutuellement nos positions car la piste se disperse en ramifications multiples, sans le moindre panneau indicateur, faut-il le préciser ? Certains d’entre vous nous demandent dans leurs courriers électroniques (sergegirard@wanadoo.fr) quels types d’animaux nous avons rencontré depuis le départ. A vrai dire, hormis les insectes (criquets, sauterelles, mantes religieuses), très peu de mammifères à ce jour, seulement quelques groupes de singes autour d’un point d’eau. Les grands mammifères que nous guettons dans la savane étendue seront, nous l’espérons, pour plus tard. Ce sont pour l’instant des oiseaux aux formes nouvelles et aux couleurs invraisemblables qui n’ont pu être dessinés que par une main céleste qui nous arrachent nos plus grands étonnements. Le Sahel possède pourtant sa propre faune comme nous l’expliquera Monsieur Mallé Camara, embarqué en stop dans notre cabine pour une dizaine de kilomètres, mais, après les fortes sécheresses, les animaux se font plus rares pendant quelques temps. Mallé qui vit à Massy-Palaiseau depuis 25 ans, est en vacances au pays pour deux mois et nous imposera sans dicussion possible un arrêt petit-déjeuner chez lui. Dans notre série l’équipage de la TransAfrica, après Ludo, Rémy et JB les jours passés, au tour de Stéphan (photo 5) de se présenter. Stéphan, originaire de Caen et résidant à Genève est un ami de longue date de Serge. Après moult métiers, il travaille aujourd’hui dans la réalisation de reportages et est le preneur d’https://sergegirard.com/old/old/images officiel de la TransAfrica (vidéo et photos). Il a déjà réalisé en 1999 le film relatant la TransAustralia de Serge. Ses dadas : la biodiversité, la Spiruline, l’Antarctique… Pour son malheur, il aime le froid plus que le chaud et le soir au campement il nous raconte souvent ses reportages sur le continent glacé, notamment celui qu’il a réalisé sur la traversée à pied de Laurence de Laferrière, en 1996. Sa calvitie (à peine) naissante lui a déjà valu quelques  »Zidane » auprès des enfants, amoureux fous de football ici comme ailleurs.’