J16 – 17/10/2003


J16 – 70.0Km

17 octobre – Koréra Koré / ? (dans la « brousse pure ») Jour : 70 K (11h47′) Total : 1174 K
Vous n’allez sans doute pas le croire, mais la TransAfrica s’est enrhumée. Mal de tête, mal de gorge, nez qui coule, rhume naissant, tout le monde y a droit et la trousse à pharmacie entre en action… La faute à une bonne pluie d’orage tombée violemment sur le camp, suivie d’une nuit presque fraîche qui a permis à certains de déballer leur duvet pour la première fois depuis le départ. Notre tracé est aujourd’hui ponctué de nombreux villages et bordé de grandes étendues de mil, de sorgho et de maïs, de façon presque ininterrompue et qui veinnent parfois manger la piste et caresser nos véhicules. Cette saison des pluies qui s’achève a été, nous dit-on partout, particulièrement généreuse et les cultures, bien que plus clairsemées qu’en Europe, forment de belles taches verdoyantes entre les savanes et les petites forêts réservées aux troupeaux. Dans cette région nord du Mali, éloignée de la capitale et exclusivement agricole, les populations sont rassurées pour les mois à venir et enjouées car les récoltes seront bonnes. Pour Serge, maintenant que le thermomlètre s’est calmlé, la principale nouvelle difficulté reste la même depuis ces 4 derniers jours. La bonne odeur du goudron est déjà loin et, en manque d’appui dans le sable, courir est laborieux et sa cheville droite fragilisée travaille trop. Et puis, ce qui devait arriver arriva. Au hasard d’une des multiples fourches où la piste se dédouble, Serge et son véhicule-suiveur perdent le traces de pneu et virent à gauche alors que le camion ouvreur passé plus tôt a pris sur la droite. Après liaison téléphonique et prise de positions GPS, plutôt que de revenir en arrière, Serge décide de couper tout droit à travers la brousse sur plusieurs kilomètres pour retrouver le campement, guidé par le Toyota dans lequel Stéphan calcule la route. Certes, un excellent exercice d’orientation mais dont tout le monde se serait passé en fin d’étape et aux heures chaudes. Bilan, une étape rallongée inutilement et une après-midi de sieste raccourcie d’autant. Ce soir dès 18h40, en même temps que le soleil, le camp s’éteint sans bruit dans le silence de la savane dorée. Une femme pour cinq hommes ?!… Hier au Sénégal, aujourd’hui au Mali, le passage de notre équipage étonne souvent les populations locales à 80% musulmanes, plus habituées aux proportions inverses… Last but not the least, après les mini-portraits de Lulu, Rémy, JB et Stephan les jours passés, Laure est donc l’unique femme de notre équipe, la plus jeune aussi de nous tous, mais néanmoins la coordinatrice de la TransAfrica sur la préparation de laquelle elle a travaillé plusieurs mois avant le départ. Kinésithérapeute de profession et compagne de Serge dans le civil, elle l’a accompagné sur toutes ses traversées (USA, Australie et Amérique du Sud) où elle veille sur son chéri 24H/24. Systématiquement la première levée et parfois la dernière couchée, son énergie semble sans limites. Sa détermination aussi. Lorsque Serge est au bout du rouleau et que d’autres seraient tentés de lui conseiller une pause plus longue, c’est elle qui, sans montrer aucune faiblesse, sait trouver les mots – dont il reconnaît avoir parfois besoin – pour le relancer en avant.