J38 – 8/11/2003


J38 – 85.0Km

Vendredi 8 novembre : ? / GAO J38 : 85K (11h34′) Total : 2597K
Ce fût une longue, longue, très longue journée…sur cette piste semi-desertique. Les villages depuis Gossi n’existent plus, des campements jalonnent cette route. Les campements sont formés de une, deux ou trois cases en forme d’igloos, ils sont posés là au milieu de la brousse. C’est le repère des nomades et plus particulièrement des Touaregs venus du désert malien plus au Nord. La rare végétation repose sur un lit de sable orange. Tel des enfants, nous nous émerveillons devant les troupeaux de chameaux. Nous espérons d’ailleurs goûter très prochainement du lait de chamelle, qui d’après Mohamed est un délice. Dès le début de journée, Serge a les traits tirés et la foulée plus raide que d’habitude. Une petite douleur de type sciatique à droite le laisse bancal. Il traîne et il n’aime pas ça, il n’a plus de « jus » comme il dit et combien même il voudrait aller plus vite, il ne le peut pas. Le vent incessant qui souffle par rafale lui coupe le souffle et les jambes. Il lui faut malgré tout atteindre le bac qui traverse le fleuve Niger juste avant Gao. Serge aime fouler chaque centimètre du continent traversé à pied et pour la première fois, il se résignera à monter dans le bac pour parcourir les 500 mètres qui séparent les deux rives. Il stoppera sa journée aux portes de Gao, aux pieds des rizières et des nénuphars. Cette verdure et le fleuve Niger que nous allons longer jusqu’à Niamey nous changent du décor de ces derniers jours. Et comme une journée a du mal à se passer à 100% bien, une ombre est venue se glisser jusqu’à nous : la progression du TP3 a cessé précipatamment suite à une explosion. Je vous rassure, ce n’est pas celle du moteur ! Le pare-brise s’est brisé en 1000 morceaux sous l’impact de gravillons soulevés par un chauffard de camionneur lancé à toute berzingue sur une portion de route fraichement goudronnée. Agali en veut encore à ce routier qui ne s’est pas arrêté. Le temps clément, nous a permis de rejoindre Gao sans être ni mouillé, ni poussiereux (passé le bac, le goudron s’achève pour faire place à une piste de latérite style tôle ondulée). Nous doutions de retrouver un pare-brise à Gao et nos doutes se sont confirmés. Nous devrons attendre Niamey pour essayer de trouver notre bonheur et en attendant, Jean-Claude et Agali ont installé deux morceaux de plastique transparent d’occasion achetés hors de prix, qui ne recouvrent d’ailleurs pas la totalité du trou béant. Les Saviemistes rouleront donc quelques jours au frais des courants d’air. Ce soir, nous logeons à l’hotel, la douche commune a fait le plaisir de tous. Quel bonheur d’ouvrir un robinet ! Nous voilà refaît à neuf avant notre prochaine ville-étape : Niamey. Serge épuisé souhaite partir à l’aube, ce devrait être une vraie bonne nuit qui nous attend sur des matelas confortables. Il n’y a plus qu’à rêver au jour suivant…