J41 – 82.0Km
Mardi 11 novembre : BALGA / YASSANE J41 : 82K ( 10h43′) Total : 2822K
Le 11 Novembre n’est décidément pas une journée comme les autres :Vous, fidèles lecteurs, vous savourez votre jour férié tranquillement installés dans votre canapé douillé, visionnant une émission de télé sans grand intérêt en ne cessant de penser à la raclette que vous allez dégusté au dîner.Pour nous, transafricains, jour férié »pas connaître ». Le 11 Novembre marque la finde la traversée de ce grand et attachant pays qu’est le Mali.La journée commence en fait dés 3h00 du matin. Serge se prépare comme à son habitude, à dévorer la dernière ligne droite malienne, secondé par Laure et Abdou devenu ,au fil des jours, Monsieur ravitaillement. L’autre partie de l’équipe s’octroyant théoriquement 2 à 3 heures de sommeil supplémentaire. Mais, peu de temps avant que Laure ne tourne la clé de contact de son bolide (bolide= Toyota et non Serge), alors que vent et nuages se partagent les airs, des noms d’oiseaux encores inconnus des ornithologues sortent de la bouche de Ludo, pestant contre sa tente de toit, ou plus exactement, contre ses concepteurs. S’en suit un étrange bruit de casseroles, puis plus rien. Personne n’ose bouger ! Dur, le réveil !! A l’aube, lorsque chacun d’entre nous ouvre les yeux, la tempête Ludovic est passée et le calme règne de nouveau.Mohamed offre alors aux 30 gamins présents autour du campement dès 6 heures du matin, une bonne occasion de se rendre utiles. Mais son toyota refuse obstinément de démarrermalgré l’ardeur des 60 petits bras musclés, agrippés à tout ce que la voiture comprend de carrosserie.C’est finallement le Mulet, nouveau nom de baptême du TP3, qui le sort d’affaire en lui faisant grâce d’un peu d’énergie.Et Serge pendant ce temps me direz-vous ?Dans une forme éblouissante, il réclame à l’équipe de la voiture suiveuse, un walkman afin de s’évader un peu plus encore, et oublier les difficultés de la pistes défoncée sur laquelle il court encore et encore. Déçu de ne rien avoir sous la main, Abdou tourne à fond le bouton de volume de l’autoradio enflammant ainsi la brousse Malienne de tubes anglosaxons.Plus tard, sans rien avoir demandé, Serge voit sa solitude de coureur de grand fond interrompue par un touareg qui, tel un ange gardien, se met à l’accompagner spontanément, sans mot dire, avant de disparaîtreau bout de 6 kilomètres, aussi discrètement qu’il était apparu.La stratégie du début d’étape, était de conclure la journée entre les deux frontières distantes de 18 kilomètres.Serge atteind les bidons disposés en travers de la chaussée pour délimiter le poste malien au bout de 60 kilomètres de chevauchée.Les douaniers, revêtirent leur tenue d’apparat pour remettre à celui qu’ils prennent un peu pour un fou, le précieux passeport sous l’oeil de Pascal et de sa chère compagne, dame caméra.Inépuisable, Serge donne la consigne de poursuivre jusqu’au Niger. Ce ne sont pas Agali, Abdou ou Mohamed qui s’en plaignent. Ils retrouvent leur cher pays avec un enthousiasme non dissimulé.La piste de ce no man’s land, défoncée et poussièreuse à souhait, permet aux véhicules de montrer qu’ils sont bien conçus pour le tout terrain. Serge franchit le premier passage à gué de l’histoire de la transafricaine, confortablement assis dans le toyota piloté par Ludo. Le courant, puissant, le lit incertain de la rivière et les 70 centimètres de profondeurs forcent à faire preuve de sagesse. A peine l’obstacle franchit, la course reprend ses droits. Côté nigérien tout se passe comme sur des roulettes (c’est bien le comble pour un coureur à pied).Un petit malentendu de dernière minutes entre suiveurs, transformeront le dernier kilomètre nécessaire pour atteindre le bivouac, en un ultime effort de 4 kilomètres. D’accord, Serge aime courir, mais n’abusons pas tout de même !Tout est oublié en voyant la cuisse de mouton que Notre équipe nigérienne grille sur la braise.Chacun fête ce nouveau pays à sa manière : Bière fraiche pour Serge et Laure, coca glacé pour Abdou et Adali, whisky pour Ludo et Pascal et enfin, un bon verre de lait caillé pour Mohamed et Jean-Claude. Je vous l’avais dit, ce 11Novembre n’est décidément pas un jour comme les autres.En plus de 10h43 de course, de plus de 80 kilomètre avalés, Serge, en nous conduisant jusqu’au Niger nous permet de nous recaller sur le fuseau horaire de la France. On se sent quelque part, un peu plus proche de la maison….


