J53 – 23/11/2003


J53 – 78.0Km

Dimanche 23 novembre : ?/ ? (ville traversée : TABALAK) J53 : 78K (9h44′) Total : 3644,5K T° : mini 13°C- max 40°C
Il y a des jours où tout va bien, le train-train quotidien nous berce dans une routine qui fait que nous n’avons pas grand chose à raconter et pourtant…la journée commence par un spectacle qui vaut tous les cadeaux du monde (c’est mon anniversaire aujourd’hui) : le levée de soleil. Un ciel rosé qui vire sur le orangé enveloppe les collines à l’horizon : 10 minutes de spectacle que je savoure seule et que je ne souhaite partager avec personne sauf peut-être avec Serge qui doit 2 kilomètres plus loin seul aussi sur sa route me rejoindre au point de ravitaillement avec les mêmes pensées de sérénité et de quiétude. Ce levé de soleil n’a pas la même signification pour tout le monde car j’apprendrai par Mohamed que ce ciel orange signifie chez les nomades que le sang va couler quelque part…Depuis hier, cette fine bande de goudron serpente et ondule, la latérite qui la bordait se transforme aujourd’hui en sable. Nous quittons progressivement les zones peuplées majoritairement par les haoussas. Nous croisons la petite ville de Abalak, essentiellement Touaregs qui surplombe un majestueux lac. La vie agricole bat son plein. Serge ressemble à un « vieux diesel », le premier kilomètre est parcouru à la vitesse de 4,5 km/h ce qui équivaut à un rythme de marche. Serge trottine malgré tout car il n’accepte pas de devoir marcher pour chauffer la mécanique. Puis la machine se met en route. A 8H30, il demandera au TP3 de s’arrêter à 74k maximum. A 14H30, Serge passe le camp placé à 200 mètres de la route, pile placé au 74ème kilomètre. Quelle surprise ! Ludo arrive, Serge veut que l’on aille le chercher dans 30 minutes. Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. A 3H00, je suis au rendez-vous et Serge de se confier : « je voulais faire une belle journée pour toi et puis ça donne le moral de passer à côté du camp et d’avoir la force de continuer ».Au campement, l’instituteur du village d’à côté et 3 vieux touaregs ont pris place autour de nous. Mohamed vient à discuter de viande. En deux temps et trois mouvements, un cabris est commandé pour le repas de ce soir. Encore vivant 5 minutes avant, il est égorgé, dépeussé prêt à être grillé. Cette chair encore saignante écoeure Jean-Claude qui aime beaucoup les animaux vivants. Le coeur et le foie seront servis ce midi en amuse-bouche. Ce soir, ce sera un vrai festin que cette grillade préparée par Mohamed.Après le repas de 15H00, c’est l’heure de la sieste et cet après-midi personne n’y échappe, sauf moi qui vous écris ces quelques lignes. Mes pensées vont aujourd’hui vers mes camarades de Bréauté et de Beuzeville-la-Grenier qui participe au semi-marathon de Cabourg. Courage les filles !C’était ma journée et finallement je me dis qu’il y a toujours quelque chose à raconter…