J6 – 82.5Km
07/10 – Darou Wolof / Koussanar Jour : 82,5 K (10h35′) Total : 529 K
L’un des principaux soucis de Serge depuis le départ est de trouver un minimum de fraîcheur pour s’endormir quand le thermomètre refuse de descendre sous les 25°C. Depuis quelques jours, chaque matin avant le lever du soleil nous trouvons en traversant les villages de nombreuses personnes endormies sur le pas de leurs cases, à la recherche d’un peu d’air, allongés à même des sommiers faits de branches entrecroisées, sortes de charpoys indiens version africaine. Pour Serge dont le corps semble tenter d’expulser toute la nuit le trop plein de chaleur emmagasinée durant sa dizaine d’heures de course, le problème est cornélien : dormir au plus vite et suffisamment pour repartir au plus tôt dans la nuit avant que le soleil ne pointe à nouveau.Nous quittons aujourd’hui la province de Kaolack pour entrer dans celle de Tambacounda, qui longe la frontière de la Gambie à une trentaine de kilomètres plus au sud. Des noms au parfum d’Eden paradisiaque mais qui deviennent l’enfer quotidien de celui qui n’a d’autre alternative que de lutter contre le soleil et les kilomètres sur le fin ruban d’asphalte. Continuant sa course contre le temps, il est 3h35 lorsque Serge s’élance ce matin d’entre les champs de mil où le camp a été installé, à l’écart de la route. Ceci lui assure trois heures pleines de course de nuit et encore deux à trois heures avant les heures les plus cuisantes. Soit environ la moitié de l’étape couverte dans des conditions supportables. Pour le reste, lorsque le seul acte de se brosser les dents vous déclenche un ruissellement de transpiration, il est difficile d’imaginer ce que représente une pleine journée de course hors de l’ombre.Après 50 km avalés sans problèmes, la fin de cette étape sera plus difficile aujourd’hui. Serge qui ne s’arrête normalement jamais en cours d’étape, se contentant de marcher pour s’alimenter, doit cette fois accepter une pause de quelques minutes à l’ombre pour faire refroidir la machine. Un début d’inflammation du jambier antérieur, pathologie classique du coureur de grand fond, le contraint à ralentir son allure sur les dernières heures. Dans cette région centrale du Sénégal, plus humide que l’Ouest ou le Nord, quelques nuages noirs s’approchant en fin de soirée laissent espérer les premières gouttes de pluie …et peut-être un ou deux petits degrés de moins durant la nuit prochaine.


