J8 – 9/10/2003


J8 – 84.5Km

09/10 – Waly Babacar / Fété Niébé Jour : 84,5 K (10h34′) Total : 613,5 K
Comme hier, la nouvelle petite ondée bienfaitrice du matin apporte du rythme au démontage du camp et accélère la mise en route de notre coureur. Toujours plus fort, il n’est pas 2h50 du matin et la lune est encore haut perchée dans le ciel lorsque Serge décampe et démarre sa longue journée, à petites foulées. Pour la première fois hier, il ne s’est pas plié au rite du long massage précédant sa sieste. Aussitôt arrivé, comme chaque jour, il s’est assis 5 minutes silencieux puis s’est enfermé dans la cellule climatisée pour n’en ressortir qu’à l’heure du repas du soir, calé vers 18h30. De plus en plus vite démonté de jour en jour, le reste du campement chargé dans le Saviem prend la route un peu plus tard dans la nuit et, à 70 km/h, rejoint le camp suivant un peu plus d’une heure plus tard, avant même que le jour ne soit encore levé. Ne reste plus qu’à attendre le point du jour en buvant un café avant de rémonter le camp et de faire un peu de ménage et de débroussaillage aux alentours. Serge a programmé 84 km et, intraitable, il en courra 82 non-stop avant de terminer les deux derniers à la marche rapide. Les conditions restent inchangées sur cette route droite et toujours sans relief. Un vieux baroudeur africain trouverait probablerment le paysage relativement monotone depuis Dakar mais, pour nous tous qui découvrons le continent aux côtés de Serge, les journées passent encore très vite et sans la moindre lassitude. En fin d’étape quelques courbes inattendues et un semblant de relief naissant annoncent le Mali dont la frontière n’est plus qu’à 60 kilomètres. « Facile d’accès, chaleureux et hospitalier, le Sénégal constitue une approche en douceur de l’Afrique » indique notre guide Lonely Planet du Sénégal et nous le prenons comme tel. Ainsi que le répète souvent Laure, « jusqu’à présent, nous mangeons notre pain blanc et ça ne va pas durer ». Approche en douceur ne sera pas forcément l’avis de Serge, soumis d’entrée à des conditions climatiques plus difficiles qu’il ne l’avait prévu. Il se souviendra pour sa part de ses 8 journées de course sur les routes du Sénégal comme « d’une leçon de sourires et de gentillesse », selon ses propres termes lors d’une interview pour les télévisions françaises. Ce soir, Rémy est au(x) fourneau(x) [nous avons un seul] et c’est crêpes-party pour tout le monde ! Sans oeufs et sans beurre, mais avec un bel appétit… Au chapitre culinaire et à propos de pain blanc, précisons justement que les Sénégalais ont conservé de l’époque coloniale le goût du pain et de la baguette fraîche. Tous les matins, nous nous approvisionnons sur les étals lors des traversées de village ce qui nous permt effectivement de manger notre pain blanc quotidien.