J80 – 20/12/2003


J80 – 63.0Km

Samedi 20 decembre : N 22°18.410′ / N 22°47.738′ ( Poste de douane de Madama)E 13°54.795′ / E 14°01.229′ J80 : 63K (8h56′) Total : 5103K Altitude : 675m T°: min 3°C- max 26°C
‘Nous pourrions croire qu’à l’aube de notre entrée sur le territoire lybien, le sujet de discussion du matin serait tout trouvé. C’est sans compter sur les températures hivernales et le vent de la nuit. Il n’y a pas un transafricain qui ne soit pas frigorifié au réveil. Ce fichu vent n’a pas faibli depuis 3 jours. Il nous oblige à manger blottis au plus près du mulet, à défaut de tenir tous à l’intérieur et de nous réfugier à vitesse grand V dans nos tentes ou les véhicules dès le dîner terminé. Le plus embêtant étant que le vent vienne du Nord, obligeant Serge à lutter contre, sans relâche. Malgré la moyenne kilomètrique journalière en deça de ses capacités, Serge se sent faible et fatigué de courir dans ces conditions. Malheureusement la situation n’a pas l’air de vouloir s’améliorer, les rafales soulèvent toujours leur lot de poussière et continuent de faire chutter dangeureusement les températures.Les derniers kilomètres nigériens se courent sur une vaste étendue désertique entourée de falaises ocres et noires aux sommets plats. On imagine facilement qu’à une époque lointaine les vagues de la mer venaient fouetter ces iles devenues au fil du temps d’impressionnants monticules rocheux au milieu du sable.Le premier contact avec les libyens est plutôt encourageant. Les militaires en faction au poste avancé de Toumu accueillent Laure Jean-Claude Mohamed et Agali avec un cordial  »bonjour » un large sourire et une chaleureuse poignée de main. Il en sera de même pour Serge et ses suiveurs. Notre arrivée a été annoncée, un papier officiel avec tous nos noms en atteste. Mohamed et Agali se transforment rapidement en interprête de choix pendant le traditionnel thé de bienvenue servi autour d’une table de salon de jardin, permettant ainsi aux deux transafricains de service de répondre au mieux aux multiples interrogations suscitées par la traversée de Serge. Pour l’anecdote, l’un des militaires ayant pris l’affaire en cours, a grillé une pellicule photos en posant aux côtés de Jean-Claude avant de comprendre dans un fou rire général que Serge ce n’était pas le demi chauve au nez rouge qui se trouvait à ses côtés.Un véhicule officiel nous escorte ensuite sur 18 kilomètres jusqu’au au poste de douane. Cette fois c’est Monsieur Saleh qui nous accueille. Il sera notre guide officiel pour la traversée de la partie Sud de la Libye. Premier petit problème que nous devrons surmonter dans les jours à venir, notre interlocuteur ne parle ni français ni anglais et pour notre part aucun membre de l’équipe ne peut se vanter de parler arabe ; il n’y a plus qu’à se mettre au travail. A ce second poste également l’accueil en dit long sur ce qui nous attend au cours du mois à venir. Monsieur Saleh nous offre de partager son repas et le thé assis sur des nattes tissées, avant de transvider la marchandise d’un pick-up à l’autre. Il accueillera Serge entouré de tous les douaniers avec des applaudissements soutenus.L’heure est venue de saluer nos deux fidèles et sympathiques nigèriens. Mohamed c’est avant tout un chauffeur de talent avec un visage tout en rondeur, des cheveux coupés court par Agali, un large sourire  »dentifrice » et une djélabia bleue qui vole au vent. Il nous a gratifié chaque jour de son éternel bonne humeur et d’une multitude de petits gestes et intentions à l’égard de tous. Interrogez le sur ce que fait Serge, il vous répondra :  »Ah là vraiment, Serge il est très courageux, oui vraiment il est très courageux ».Agali quant à lui, nous quitte après avoir passé 51 jours à nos côtés. Nous en avons souvent parlé sur ce site, mais il le mérite bien. Il est un mécanicien débrouillard hors norme, un cuisinier hors pair et un guide hors piste formidable. C’est avant tout un touareg amoureux du ténéré. Dans le désert il est chez lui. Il en connaît tous les recoins tous les pièges et toutes les combines. A ses côtés on apprend à regarder à écouter à se débrouiller et à demeurer humble. Dix fois par jour vous pouvez lui demander si ça va et il vous répondra inlassablement : »Ca va très bien ». Le 30 Octobre, les transaficains ont accueilliAgali, chauffeur mécanicien, le 29 novembre Mohamed, chauffeur, l’a rejoind et aujourd’hui les transafricains le coeur lourd, saluent Mohamed et Agali leurs Amis qui vont enfin pouvoir aller retrouver leur femme et leurs bambins qui les attendent à Agadès. Un très sincère  »merci » également au peuple et aux autorités nigériennes dans leur ensemble pour leur accueil simple et chaleureux tout au long des 2280 kilomètres parcourus par Serge et sa caravane sur les routes et les pistes de leur beau pays.L’aventure se poursuit. La Libye est également un vaste pays que nous ne demandons qu’à mieux connaître. Cette journée de transition fait 6 kilomètres de plus que prévu. 6 kilomètres de plus de sable de ventde poussière et de fatigue. Serge devra encore patienter pour retrouver le goudron, même si aujourd’hui il a pû y regouter sur … 3 kilomètres. Les 190 qui vont suivre s’effectueront sur de la piste, mélange de cailloux et de sable mou. Pourvu que le vent accepte de nous laisser un peu tranquille pour que Serge puisse tenter de récupérer et que le mulet arrive à le doubler !A vos montres, nous avons maintenant une heure de décallage. Quand il est midi en France, il est 13H00 ici. Chouette, on va pouvoir se lever encore plus tard !’