J82 – 22/12/2003


J82 – 71.0Km

Lundi 22 décembre : N 23°08.803′ / N 23°39.886′ E 13°47.711′ /E 14°05.509′ J82 : 71K (9h18′) Total : 5222K Altitude : 590m
Mettre les petits plats dans les grands. Voilà une expression bien française et de circonstance au moment où chacun d’entre vous ne pense plus qu’à préparer son menu de réveillon. Ce pourrait être également une expression libyenne servant à définir le relief de la région traversée aujourd’hui. Petit plat, grand plat, mais toujours plat. Seul la couleur du sol change que l’on évolue sur le sable clair, sur de gros cailloux presques noirs ou sur de la roche d’un pannelle de couleur allant du rose au marron. Pour Serge, ces différentes couleurs signifient surtout des revêtements plus ou moins dures. Après un départ difficile sur une piste de pierre qu’il n’a guère apprécié, Serge a trouvé son rythme de croisière en choisissant de faire un détour de 2 kilomètres pour retrouver un sable porteur sur lequel il se sent mieux. Son releveur l’handicapemais sa cheville le dérange moins qu’hier. Les soins de Ludo en fin de soirée et le strapping appliqué ce matin semblent produire leurs effets. C’est assez paradoxal. Serge redoutait la piste avant de l’aborder, aujourd’hui il appréhende presque de retrouver l’asphalte. Son organisme s’est habitué au sol mou et sa cheville risque fort de se rappeler à son bon souvenir lorsqu’elle viendra à nouveau se confronter à la dureté du goudron. Qui aurait crû que notre ami Serge aurait parcouru 71 km, alors q’hier il a effectué ses 48 km dans la douleur ? Certainement pas nous à qui il a demandé ce matin de planter le camp au 65ème kilomètre. Mais Serge a envie d’avancer et d’en découdre avec ce désert et au 62ème kilomètre après avoir fait une petite phase d’hypoglycémie, il annonce qu’il veut faire 70 km. Finallement ce sera 1 km de plus encore, jusqu’où ira-t-il ? Il regagne le campement à 17h00. Nous commençons tous à être affamé. Jean-Claude aux sandwiches, Ludo à la préparation de la salade et pour le moins difficile : de la choucoutre en boites.Personne ce matin n’avait de boutons sur la figure, personne ne s’est rendu aux toilettes plus souvent qu’à l’accoutumé, ça veut donc dire que la viande de chameau était bonne. Ces morceaux de viande séchés étaient coupés en fines lamelles ressemblant un peu à des tranches de jambon fumé. Quand on ne sait pas cuisiner cette viande, on essaye : un peu de margarine un bon couteau pour reduire les lamelles en petits carrès, une casserole anti adhésive à défaut de poêle, une bonne bouche de gaz et voilà un bon plat de viande en accompagnement depâtes façon Laure. Les dentiers n’ont pas cédé sous la menace, on sent que les chameaux bossent, leurs muscles ne sont pas très tendres. Quant au gout, soyons francs, la viande de ce vagabond du désert est assez banale, semblable à un fin steack trop cuit de vache laitière en fin de carrière. De toutes façons, la viande est assez rare au menu des déjeuners transafricains pour se permettre d’en laisser trainer dans les assiettes. On pourrait presque dire, sans aucun misoginisme, qu’il s’agissait d’un plat d’homme puisque lesféminines de l’équipe ont refusé de céder à la tentation.Nous parlions de vos menus de réveillon au début de ce récit, voilà peut-être une idée de plat original pour épater vos invités. Les volailles françaises ne vous en voudront sans doute pas !Pour nous c’est une belle journée ensoleillée qui s’achève sans vent pour une fois. Les fêtes de fin d’années nous semblent loin, très loin au milieu de ce désert.