J90 – 30/12/2003


J90 – 76.0Km

Mardi 30 décembre : N 26°57.028′ / N 27°33.611’E 15°56.206′ / E 16°11.689′ J90 : 76K (9h37′) Total : 5785K Altitude : 576m T° : min 0°C – max 23°C vent d’ouest +
Ce matin il a été décidé de ne plus faire faire des kilometres inutiles à Serge car si celui-ci rêve d’arriver au Caire tout en franchissant la barre 8000 km il ne souhaite pas pour autant tourner en rond. Il a un autre itinéraire en tête… Pour éviter ces petits détours (même si c’est jolie) tout le monde lèvera le camps à 7H30 (les avantages du campement ne sont plus ce qu’ils étaient.) Le mulet et l’ unimog ouvriront la voie et tous les 10 kilometres ils donneront le points GPS à la sangsue. Alors que tout le monde s’agite pour être synchro avec le coureur celui-ci se fait strapper. Les kilometres faits, la veille, en hors piste et sur les cailloux ont réveillé sa cheville insoumise. Sur les six premiers kilometres de course la piste est recouverte de cailloux de toutes tailles. Regarder Serge s’eloigner sur ce champs de pierre nous donne l’impression de voir la démarche d’un coureur fou ou d’un champion de marelle (très sautilant).Heureusement, très vite, la piste devient meilleure et Serge allonge sa foulée. Il semble vouloir en finir au plus vite avec la piste, l’arrivée sur le goudron signifira pour lui qu’il va pouvoir commencer à planifier le reste de sa course, les surprises de la piste seront terminées et son amour des chiffres (qui ne trompent pas) pourra de nouveau s’exprimer pleinement.Après le 12ème kilomètre la route devient tellement régulière et plate que Serge demande à récupérer le dictaphone. Il peut relacher sa concentration et enregistrer ses pensées profondes et spontanées avec la voix haletante de Nicolas Hulot. Pourquoi le dictaphone ? On vous rassure Serge ne perd pas encore la mémoire, mais le soir, après plus de 10 heures de course il n’a souvent plus la force de raconter sa journée. En plus, ce pense bête hi-tech lui sera des plus utiles pour l’ecriture du livre (en pré-vente dès maintenant sur le site – fin de la page de pub).Jean-claude aujourd’hui est fier de conduire le mulet, on aurait put penser que le magnifique unimog de nos guidesqui a le Paris-Dakar à son actif aurait fait de l’ombre à notre cher mulet mais loin s’en faut, l’unimog vient de casser une pièce dans l’embreillage et il avance péniblement. Il a même été évoqué que le mulet pourrait le tracter si le problème s’accentue. Le convoit arrive tout de même au 75ème kilometre où le camp sera monté.Le vent même si nous en parlons moins est toujours présent, Serge l’aura aujourd’hui favorable, pour une fois… Serge est usé et éprouvé par ses dernières journées. Il a de plus en plus de mal à se hisser sur sa couchette le soir pour aller dormir. Il passe par des moments de doute et de confiance en lui, ces moments variants d’une heure à l’autre. Il a besoin que l’équipe soit derrière lui et le soutienne au maximum. Paradoxalement, il évoque que ce qu’il vit est intérieur et il se sent bien seul sur ces longues journées que sont les siennes. La santé est bonne, le corps se plie malgré un amaigrissement certain ces derniers jours. L’objectif des 8000 est un challenge hors-norme pour lui mais il sait dans un petit coin de sa tête qu’envers et contre tout, il sera au Caire très prochainement maintenant.