J91 – 72.0Km
Mercredi 31 décembre : N 27°33.611′ / N 20°15.590’E 16°11.689′ / E 16°37.153′ J91 : 72K (8h59′) Total : 5857K Altitude : 517 m T° : min -5°C – max 23°C vent d’ouest +++
‘L’année 2003 s’achève mais dès demain, les kilomètres s’accumuleront à nouveau car sur la Trans-Afrique il n’y a pas de jours fériés, ni de jours chomés. Hier soir, au couché du soleil nous avons eu la visite surprise d’une gerboise. Ce petit animal qui vit dans le désert resemble à une grosse souris poilue, sa longue queue fine se termine par une sorte de plumeau touffu et contrairement à sa cousine la souris, elle se déplace en sautant comme un kangourou. Nous avons essayé de l’amadouer par quelques morceaux de pain dur mais cette petite bête a pris son dû et a filé aussi vite qu’elle était arrivée.Au réveil, Serge me confie que jours après jours il devient de plus en plus pénible de se lever et de penser aux kilométrages qu’ils s’imposent ; le plus difficile encore, les 10 derniers kilomètres qui lui semblent de plus en plus pénible à parcourir jour après jour. Nous avons fait une halte à Alfogha, pour acheter des oeufs, du pain et de la farine en prévision d’une crêpes-party pour ce soir. Nous sommes accueillis par le maire de la ville (photo ci-dessus) qui nous guidera pour retrouver une piste très rocailleuse au grand desespoir de Serge et surtout de sa cheville droite.Alfogha marque la mi-étape soit le 36ème kilomètre. La prochaine ville que nous croiserons, ce sera pour après-demain, la ville de Zillah. Serge pour prévenir d’éventuelles phases d’hypoglycémie qu’il sent latentes, demande aux suiveurs du miel. Ce besoin se fait de plus en plus fréquent sur la journée de course depuis quelques jours. Les douches se font de plus en plus rare autant pour l’équipe que pour Serge qui a de plus en plus de mal à se mouiller lors de son arrivée au camp entre 4 et 5 heures de l’après-midi sous peine d’être transi jusqu’aux os pour toute la soirée. Pour conserver un minimum d’hygiène, nous sommes entrain d’épuiser notre stock de lingettes dont l’odeur commence à nous écoeurer. En cette soirée de fêtes, nous sommes tous invités à manger chez nos amis du camion d’à côté : Mohamed, Aymen et leurs deux amis. Serge va se réchauffer auprès d’un bon feu et avec de la viande grillée. Nous sommes des hôtes choyés et ce repas partagé tous ensemble à des allures de réveillon. Nous prenons goût à manger assis par terre sur une natte autour des plats dans lesquels chacun se sert. Le dessert confectionné par Laëtitia une bonne partie de l’après-midi sera la cerise sur le gâteau : des crêpes fourrés au sucre ou bien au chocolat ou encore à la banane et au chocolat. Quel Réveillon ! Serge s’éclipse à 19h00, il est l’heure d’aller dormir pour bien commencer l’année demain, l’équipe restera un peu plus longtemps au coin du feu. Chacun poussera la chansonnette ou presque, les mélodies folkloriques de nos amis libyens sont un ravissement et du côté français nous avons bien du mal à rivaliser. A minuit, heure française soir 1 heure du matin heure local tout le monde dort à point fermé sauf Serge, Laure à moitié réveillée est bousculée dans son sommeil par un Sergio en tenue de course. « Je pars courir 5 minutes ». Laure n’est pas surprise car depuis quelques années, Serge termine et commence l’année en courant , histoire de sceller un trait-union entre une année et l’autre.Mais qui eut crût qu’il aurait conserver cette tradition sur la Trans-Afrique ?’


