BROKEN HILL – CONDOBOLIN
New south wales
Jeudi 28 octobre / 82 kilomètres / Menindee
A 6 heures du matin, Serge commence à courir, laissant derrière lui Broken Hill importante ville minière. Il fait déjà une chaleur étouffante. La journée promet d’être caniculaire. Aujourd’hui, nous suivons une petite route de campagne qui nous mène vers Menindee. Sur cet axe secondaire, nous croisons quelques touristes qui s’arrêtent intéressés par Serge qu’ils reconnaissent, pour l’avoir vu ce matin dans le journal. C’est une journée animée, qui s’achève dans un camping au bord d’un lac près de Menindee. La verdure qui borde le lac, contraste avec l’aridité des paysages traversés ces derniers jours. Nous passons un demi-fuseau horaire et avançons nos montres d’une demi- heure.
Vendredi 29 octobre / 82 kilomètres
La journée aurait pu être magnifique : une belle piste sous un beau soleil mais … tout a basculé lorsque Laure qui s’occupe du kilométrage et du parcours, annonce à Serge qu’elle a oublié de compter 76 km entre Broken Hill et Sydney. Serge, qui avait fait ses calculs pour le jour d’arrivée à Sydney, entre alors dans une rage noire. Il veut arrêter la course : » A-t-on jamais vu de tels incapables ? « . Il se met alors à marcher décidant quand même de finir l’étape. Ces 26 km de marche, lui redonnent espoir ; il pourra quand même tenir son objectif en faisant 85 kilomètres tous les jours. Ce soir, au campement, personne ne pipe mot. Serge a le visage fermé des mauvais jours.
Samedi 30 octobre / 85 kilomètres
La journée est grise et pluvieuse. Depuis hier et jusqu’à demain, nous empruntons l’unique piste qui sépare Menindee d’Ivanohe distant de 205 km. Francis, le photographe envoyé par les AGF, nous rejoint. Le campement s’installe progressivement entre deux averses. Serge fait ses 85 kilomètres comme prévu.
Dimanche 31 octobre / 81kilomètres
Passage des 3000 kilomètres / Ivanohe
Cette journée est pleine d’émotion. Tout d’abord, Serge passe les 3000 km en 37 jours 1 heure et 58 minutes. Puis, ce sont les retrouvailles avec Lynne, la propriétaire du motel-pub d’Ivanohe, que nous avions rencontrée lors de la reconnaissance en mai dernier. Elle nous attendait. Ivanohe est une petite ville de 300 habitants au milieu de nulle part. Demain et les 2 jours suivants, nous empruntons une piste jusqu’à Condobolin. Nos derniers jours de piste.
Lundi 1er novembre / 85 kilomètres
Ce week-end, nous sommes passés à l’heure d’été. Pendant que les Français retardaient leur montre d’une heure pour le passage à l’horaire d’hiver, nous avancions la nôtre d’une heure. De 8 heures de décalage horaire, nous sommes donc passés à 10 heures de différence avec la France. En fin d’étape, à force de lutter contre le vent, Serge a un point dans le dos qui l’oblige à marcher. Malgré tout, il tient son objectif de 85 km.
Mardi 2 novembre / 82,5 kilomètres
C’est une journée exceptionnelle. Serge ne pouvant plus supporter ni la chaleur, ni le vent de face, décide de couper la journée en deux. Il s’arrête à 40 kilomètres de course, mange, se repose. Il repart à 18 heures et court de nuit avec la » sangsue » qui l’éclaire jusqu’à 23h37. La nuit est courte, car demain il compte faire une étape normale.
Mercredi 3 novembre / 85 kilomètres / Condobolin
Serge finit cette étape aux alentours de 18 heures, il aura parcouru entre 18 heures hier et 18 heures aujourd’hui, 85 km + 45,8 km, soit près de 131 km en 24 heures. Il est exténué, et moralement pas très en forme. Cela fait trois jours que Serge a des difficultés, il est à » la rame « . Il passe plus de temps sur la route, car la lassitude gagnant, il est moins rapide. Il est un peu comme un enfant qui s’impatiente durant les derniers kilomètres d’un long voyage. Il ne voit pas le bout. La fatigue est réelle. Nous sommes obligés d’avancer, sans pour autant avoir une réelle envie d’arriver… Il reste encore près de 500 km.
Ce soir, la frontière piste-route marque la fin de notre étape.
BROKEN HILL
Cette ville a été surnommée Silver City en raison des mines d’argent qui ont fait sa fortune au siècle dernier, en même temps que celle de la plus riche compagnie australienne.
Au centre-ville, les rues portent un nom de métal ou de minéral ! Etrangement, Broken Hill, la ville de l’Outback par excellence, machiste et poussiéreuse, est devenue la Capitale artistique du bush. Ses rues, ainsi que le désert avoisinant, accueillent galeries d’art et d’artisanat.
Les paysages de désert sont somptueux, et les villes sont de vraies frontiers-towns : sable rouge, kangourous et dingos, pionniers, aborigènes et chercheurs d’opales, mines et ville fantôme de Silverton.


