Vendredi 24 septembre / 80 kilomètres

PERTH – COOLGARDIE

Australie occidentale

7 jours : 556,5Km

7 Etapes

Durée : minimum 9 h 18 à maximum 11 h 25

Terrain : route goudronnée

Profil : accidenté puis faux-plats

Circulation : dense puis plus fluide

Hébergement : 2 campings sauvages – 2 campings aménagés – 3 motels

Températures : +5°C à +35°C

Vendredi 24 septembre / 80 kilomètres / 9h18

Perth : 8H00 du matin. Serge est sur la ligne de départ au bord de l’océan indien. Le soleil est déjà haut dans le ciel, la journée promet d’être chaude. Serge piaffe d’impatience, il a le visage crispé par le stress des préparatifs et par le doute d’être à la hauteur de son entreprise. Et même s’il reste concentré sur sa route sans mots à dire durant toute la journée, ce doute s’envole dès les premières foulées.

Départ à 10 km/h. Dès la sortie de Perth, il fait déjà 32°C, la cadence baisse.

Serge ne veut pas mettre une casquette et il tient à la main sa bouteille d’eau. A 71 km, il s’arrête pour la pause. Il souffre d’un début d’insolation : il a mal à la tête, il a froid, il tremble. Mais il lui reste 9 km pour arriver au campement et à l’étape du jour. La circulation , dense jusqu‘alors, commence à se faire plus rare. Ouf ! Car le passage incessant des voitures et des  » road-train « , devenait à la longue fatigant.

Serge arrive épuisé, harassé mais heureux. Le campement est inorganisé. Il nous faut l’installer.

Samedi 25 septembre / 87.3 kilomètres / 10h48 / Cunderdin

Serge est parti à l’aube afin de profiter de la fraîcheur matinale. Les frottements entre les orteils et contre la chaussure le font souffrir. Il s’est fait attaquer par une sorte de pie à plusieurs reprises. Les nuages s’amoncèlent au-dessus de nos têtes. Ce soir, nous camperons sous la pluie dans un caravan-park (camping) à Cunderdin. Les moustiques sont nombreux.

Dimanche 26 septembre / 83.7 kilomètres / 11h25 / Hines Hill

Les premières douleurs tendineuses sont là, les orteils lui font horriblement mal. Serge est éreinté. Son corps n’est pas encore habitué à l’effort demandé et envoie des messages un peu partout. Ce soir, Serge mange sans l’équipe, prend une douche mise à notre disposition et va se coucher sans demander son reste. Le campement est installé dans le jardin des patrons d’un  » road-house  » : bar restaurant, épicerie, station-service, véritable centre de vie ; certains font hôtel, le nôtre non.

Lundi 27 septembre / 80 kilomètres / 10h57 / Carrabin

Il pleut à verse à partir de midi. Serge change de chaussures et de chaussettes rapidement sans faire de pause. A 80 km, il n’y a rien pour se loger et il est difficile de planter les tentes sous cette pluie diluvienne. Nous choisissons de retourner en arrière. Les propriétaires du road house de Carrabin sont sympathiques et ce soir pour la première fois nous dormons dans de vrais lits avec salle de bain dans les chambres. C’est le grand luxe !

Mardi 28 septembre / 82.5 kilomètres / 10h54 / Yellowdine

Serge n’a fait aucune pause et ne parle pas de tout. Route en faux plat tout le long du parcours. Nous dormons au road house de Yellowdine, ouvert 24h/24. C’est le centre de vie des  » truckers « , routiers qui sillonnent ce pays désert, à bord de leur road-train, un camion pouvant avoir jusqu’à quatre remorques et atteindre plus de 40 mètres.

Mercredi 29 septembre / 73 kilomètres / 11h19

Serge est au bout du rouleau aujourd’hui. Il sait qu’il a peu d’avance sur ses prévisions. Il préfère s’arrêter et repartir en forme demain. Malgré les douleurs physiques ressenties depuis le départ de la course, il garde bon moral. Au campement, l’équipe s’organise. Il y a toujours de petites choses qui ne sont pas au point comme la douche ce soir, qui n’est pas chaude et n’est pas installée lorsque Serge arrive. Ce genre de perte de temps, due à une mauvaise organisation est irritante, car cette traversée de l’Australie est aussi une course contre le temps.

Jeudi 30 septembre / 80 kilomètres / 9h26 / Coolgardie

Depuis 2 jours, l’équipe pense aux préparatifs des véhicules et du ravitaillement car demain nous quitterons la civilisation pour traverser 1 400 km de désert. Peu d’entre nous semblent se rendre compte et pourtant…nous n’avons pas reconnu la route au-delà de Kalgoorlie lors de la reconnaissance de terrain, en mai. La piste, privée, nous était restée interdite d’accès. C’est donc l’inconnu qui nous attend. Il faut pouvoir parer à toute éventualité. Nous ne savons pas si nous serons ravitaillés. Alors, il ne faut rien oublier.

Pour l’équipe, outre la course de Serge, cette journée compte pour deux : les 2 filles assurent l’approvisionnement puisque l’équipe vidéo et image suit notre coureur et que les garçons sont dans la sangsue.

Journée éprouvante pour tout le monde : remplissage des jerricans en gasoil, en essence, en eau, et amarrage de ceux-ci sur les galeries de nos 4x4 de telle manière que nous puissions les utiliser sans trop de difficultés. A 20h00, dans la nuit, certains sont encore en train de s’activer sur les galeries et autour des 4x4.

Une première semaine dont il faut tirer les enseignements !

Bilan de la semaine :

Serge a du mal à trouver son rythme autant dans le kilométrage que dans des étapes. Il effectue parfois une pause mais pas toujours. Il parle et communique très peu durant la journée avec l’équipe « sangsue » qui le suit. Son corps doit s’habituer à l’effort qui lui est demandé et pour l’instant les douleurs tendineuses, musculaires migrent d’un point à l’autre du corps. Ce sont les orteils qui handicapent le plus Serge, lui qui n’a jamais de problèmes aux pieds. C’est une surprise. Le bout des chaussures est découpé, ça va mieux, mais le mal est fait.

Malgré tout, le moral est bon. Serge est optimiste après cette première semaine. Il languit après  » son désert  » dont il a tant rêvé.

Quant à l’équipe, elle s’organise avant le grand départ vers l’inconnu. Il est temps d’analyser la situation : il règne un manque d’ordre, de méthode et d’organisation. Tout ceci est loin d’être catastrophique. Il n’en demeure pas moins que 9 personnes vivant en huis clos et en autonomie pendant une vingtaine de jours, ça ne s’improvise pas. Une bonne logistique et coordination entre les membres de l’équipe permettront d’optimiser la performance de Serge.

Les dernières mises au point… Serge dort déjà comme un bienheureux, impatient de pénétrer dans le désert : la plaine de Nullarbor.

PERTH

Perth est la capitale de l’Australie-Occidentale ; elle se situe au Sud-Ouest de l’Australie à 20km de l’océan Indien sur la rivière Swan. Ville commerciale, administrative et financière de l’Australie-Occidentale, sa population était de 1 025 300 habitants en 1990.

La ville fut fondée en 1829, elle doit son nom à la région écossaise de Perthshire. Limitée par l’isolement géographique, son essor économique et démographique fut favorisé par la découverte de gisements d’or dans les environs de 1890, et l’aménagement d’installations portuaires à Fremantle ; puis au début du siècle , par l’arrivée du chemin de fer.

Perth a un climat chaud et humide.

Mois

Max

Min

Précipitations

Janvier

30°C

19°C

8mm

Février

31°C

19°C

12mm

Mars

28°C

17°C

20mm

Avril

24°C

14°C

46mm

Mai

21°C

12°C

124mm

Juin

19°C

11°C

183mm

Juillet

18°C

9°C

137mm

Août

18°C

9°C

137mm

Septembre

20°C

10°C

80mm

Octobre

22°C

12°C

56mm

Novembre

25°C

14°C

21mm

Décembre

28°C

17°C

14mm

Perth a un sol sablonneux, superficiel et détrempé ; le sable remonte en surface au fur et à mesure que la nappe phréatique s’élève. Privées d’eau fraîche, les plantes meurent. On y trouve de l’or, du minerai de fer, du cuivre et de la bauxite. L’agriculture de Perth est basée sur la production céréalière, mais aussi sur les productions ovines et bovines. Les risques d’incendie sont importants sur Perth et sa région. Culturellement, la ville de Perth possède de nombreux musées d’art.