J12 – 13/10/2003


J12 – 72.0Km

13 octobre – Dialaka / Sandaré Jour : 72 K (13h10′) Total : 911 K
Sous ces latitudes écrasées de soleil, entre courir de jour et courir de nuit, c’est, comme dirait l’autre, le jour et la nuit… Et quand c’est trop, c’est trop ! Après une diificle journée suivie d’une mauvaise nuit, Serge prend place dans le Toyota pour remonter 10 km en arrière du camp, au point précis où il s’est arrêté hier. Moins d’une demi-heure après en être redescendu, titubant sur le bitume, il s’allonge pour dormir, veillé par ses suiveurs et demandant à être réveillé vingt minutes plus tard pour repartir. La journée s’annonce longue.Malgré les premiers reliefs depuis Dakar, qui nous font grimper entre les collines sur un plateau à 250 mètres d’altitude, la chaleur reste suffocante et, dans une atmosphère saturée de lumière, les paysages et le soleil meurtrier restent enveloppés toute la journée dans un voile opaque. Le tracé de la TransAfrica n’est plus aujourd’hui ni route, ni piste, mais une nouvelle version hybride, en réalité une ancienne piste en plein chantier de nivellement sur laquelle se construit par tronçons le nouvel axe routier principal reliant Dakar à Bamako, financé par le Fonds Européen de Développement. D’ici un an ou deux, un futur billard pour les camions et les éventuels joggeurs, mais pour l’instant un univers de poussière peuplé de Caterpillars…Dans cet enfer chaque jour plus impitoyable, Serge doit se résoudre à lever le pied et à couper sa journée en deux demi-étapes, pour échapper aux heures les plus chaudes. A midi, après 51 kilomètres, un camp provisoire est installé à l’ombre d’un baobab et le groupe électrogène démarré pour activer le climatiseur. Serge mange et se couche jusqu’à 17 heures, mange de nouveau et reprend la route à 18h30 pour trois nouvelles heures de course tandis que le camion Saviem roule en avant afin de remonter le camp en bord de route et en aveugle, dans le noir. Quelques minutes seulement après son arrivée, Serge est douché et se couche sous la tente, annonçant qu’il repartira demain matin à 4 heures. Au moment où la lune se lève, la TransAfrica, fatiguée, s‘endort comme un seul homme.A la demande générale, nous vous présentons à partir d’aujourd’hui le trombinoscope de l’équipe d’assistance de la TransAfrica. Aujourd’hui Ludovic, dit Ludo, voire Lulu (photo 4 ci-dessus). Kinésithérapeute à Grenoble, Ludo est le kiné attitré de Serge pour la troisième fois, après l’avoir été en 1999 en Australie et en 2001 en Amérique du Sud. Il assure chaque jour, au minimum trente minutes de massage et de drainage musculaire, à l’issue de la journée, une séance pouvant durer parfois jusqu’à une heure. En cours de journée, accompagne le plus souvent Laure dans la Toyota-sangsue, à l’affût du moindre bobo mécanique de Serge. Locataire durant la nuit de la tente de toît fixée sur la galerie du Toyota. Signe particulier : n’aime pas les bestioles, quelles qu’elles soient (serpents, scorpions, araignées, pince-oreilles, criquets, moustiques, etc.) et procède chaque jour avant de se coucher à un consciencieux massacre à l’intérieur de son logement à grands coups de bombe Baygon.