MERCREDI 31 OCTOBRE – J 63 – BRESIL

KM JOUR : 13 + 14 = 27 KM

KM TOTAL : 4 337 KM

TEMPS JOUR : 1 H 52 + 2 H 18

TEMPS TOTAL COURSE : MIN

VITESSE MOY JOUR :

VITESSE MOY TOTALE :

Ville rencontrée : PENAPOLIS

REGION : SAO PAULO

                                                JOUR aprés JOUR.

5h 30 ce matin, à 12,75 kms de marche exactement, Serge s’ arrête net. Ce qui se veut en général sa distance de "mise en route", aujourd’hui se transforma en distance parcourue.Une galère. Dans l’impossibilité d’enchainer ses foulèes, c’est la mort dans l’âme qu’il se résoud à reprendre la route. Terrassé reste un mot dur, la réalité l’est bien davantage. Le seuil de la douleur n’a jamais été aussi fort. Serge mène de front beaucoup de choses, la pression de l’arrivée se fait de plus en plus pressante, la fatigue aussi. Mais si les jambes ne suivent pas pour l’instant, ses bras n’en tombent pas pour autant. Ce n’est pas connaitre notre coureur. On le dit entêté, pour ne pas dire tête de mule ! La formule peut faire sourire, mais  ce défaut se transforme en qualité première  lorsque l’on se veut ultrarunner.  L’entourage médical est sur le pied de guerre. Le staff s’inquiète, s’interroge.Et, si le plus dur restait à faire. Douze jours à décompter. Jour aprés jour. Aprés info d’outre-atlantique, via son chirurgien. La solution envisagée serait  le bandage hernière , plus un traitement anti-inflammatoire. Reste qu’à la vue de ce soutien provisoire, (nous l’espèrons tous!), notre Serge national a poussé un soupir dubitatif. Le but avoué étant  d’alléger l’activité du psoas-iliaque, afin de calmer son inflammation. 

Aprés soins et repos de rigueur, c’est à 17 heures qu’il décide de repartir  . Comme un test, juste pour les sensations. Il rejoint le point d’ancrage de ce matin. Le visage concentré. On pourrait le croire inquiet, mais c’est plus déterminé que résigné qu’il nous  apparait. Il sait se battre, il le prouve chaque jour, et cela depuis plus de deux mois, désormais. IL le sait, il n’y a jamais rien d’acquis. La blessure fait partie de lui, il lui reste à trouver le meilleur compromis. Faire avec cette aide ou sans? Cette espèce de gaine dans laquelle   il se trouvera peut-être , dans les premiers temps engonssé, est  peut-être sa bouée de sauvetage ? Encore trop tôt, pour en parler. Le test se passa plutôt bien , il marcha 1 km au début pour prendre la mesure, la peur au ventre de ne pouvoir enchainer qqs foulées, puis il décida d’aller plus loin, sûrement avec l’ appréhension de ne pouvoir "démarrer". Les foulées se délièrent jusqu’au quatorzième kilomètre. Il s’arrête. Comme un rituel, demande un verre de coca. Immuable, il délecte l’instant présent,  se sent rassuré. Il est 19h30, le coucher de  soleil nous accompagnera jusqu’à notre arrivée à Pénapolis, la boule rouge disparait à l’horizon .  Serge n’a qu’une envie, être présent sur la route, demain;  pour la revoir se lever. 

A demain. Fidèlement nôtre.

La Rédaction.