
Attention danger

chemin des écoliers

coin de verdure coincé entre la nationale et l’autoroute

vague déferlante

Serge sur ses gardes

figurines qui empêchent les mauvais esprit de rentrer dans la maison

les yeux enfoncés dans les orbites et brillant

un peu de miel

un peu de repos, de doute

ça repart à l’abri des bambous
J221 – 70.5Km
MERCREDI 26 JUILLET
N34 05.096 E131 26.373 (14m – Ogori) – N34 05.507 E132 03.862 (53m)
70,5km – 12H07
Une journée plombée avec le retour de la canicule. Nous étions jaloux des hautes températures qui sévissaient en France et voilà que la canicule humide japonaise est de retour.
Dès 6H00, et après seulement 2 heures de course, Serge sait que la journée sera difficile : « Il va faire chaud, ça va être horrible comme étape. Ce soir je ne descends pas manger car je veux arriver à dormir au moins 10H00. Je ne me sens pas bien». Effectivement, Serge a les yeux enfoncés dans les orbites, signe de grosse fatigue, et les yeux brillants, signe de malaise.
Un passage difficile sur la nationale 2 : la fine bande entre la ligne blanche et la rambarde de sécurité est infime. Les camions frôlent Serge, les rétroviseurs passent à 2cm de sa tête et Serge pète un plomb: « J’arrête de courir, je ne peux pas continuer comme cela à risquer de me faire exploser la tête ». Heureusement ce ne fut qu’un court passage, mais d’ores et déjà nous savons qu’il y en aura d’autres. Dans mon souvenir, il me semblait que la vitesse était respectée, et bien non, spécialement pas par les camions qui déboulent à plus de 80km/h pour une vitesse autorisée de 50.
Bizarrement, au Japon il a été dit à Serge qu’il devait courir dans le même sens que les véhicules et il ne voit donc pas le danger qui arrive de derrière. En France, si vous êtes seul, vous devez être face à la circulation. Par contre, lorsque vous êtes en groupe il faut être dans le même sens. Cette adaptation ne rend pas Serge très serein.
Nouvelle plainte d’un coureur fatigué : « J’en ai marre des feux, j’en ai marre des trottoirs en dévers .» Pour tout dire, ce n’est que le début car les prochains jours seront 100% urbains, avec une densité de population énorme sur cette partie du Japon.
A Kyushu, nous avons mangé notre pain blanc question espace et campagne. Kyushu est d’une réelle beauté et si vos pas vous mènent au pays du soleil levant, faites un petit détour par cette île demeurée sous certains côtés très sauvage.
Au 40ème km, Serge demande à se mouiller la tête. Pour une fois qu’il ne pleut pas ! La douche doit lui manquer.
La maxime du jour : « Courir au Japon au mois de juillet, c’est courir trempé quelque soit le temps qu’il fait ».
Fin de journée éprouvante avec un arrêt pour s’allonger dans le véhicule – coup de chaud, nausée et diarrhée. Serge arrive sans voix et sans jambe à l’hôtel. Complètement vanné, complètement cuit et impossible de dormir de bonne heure ce soir puisque Radio France Bleu doit l’appeler à 20H00 pour un direct.
« Comment vais-je faire pour arriver à me mettre debout demain ? »

