
départ matinal pour 3 coureurs

tel un petit train

à la queue leuleu

chateau de Himeji

Serge passe devant ce trésor historique

boire et se mouiller la tête

interview sur un parking

arrivé de nos 3 coureurs
J227 – 73.1Km
MARDI 1er AOUT
N34 59.788 E134 23.089 (125m – Sayo) – N34 47.121 E134 59.166 (112m – Miki)
73,1km – 10H58
Au rythme d’un petit train, au rythme des coureurs d’ultra.
Ce matin, 2 voitures étaient au départ à 4H00 devant l’hôtel : la “support car” comme on l’appelle, qui suit Serge pas à pas et la voiture Mizuno, qui s’occupe de Koji et Mariko. Ces 2 coureurs vont accompagner Serge sur toute l’étape. Mariko a déjà traversé 3 continents : l’Australie seule, les Usa et l’Europe en course organisée. C’est ainsi que ce petit groupe prend la route, Serge en tête suivi de Koji et Mariko ferme la marche.
Tout au long de la journée, on a l’impression de voir un train passer. La foulée est similaire dans le fond car elle est rasante chez ces 3 coureurs mais sa forme est spécifique à chacun : un pied un peu plus en dehors ou en dedans, un déroulé du pas plus ou moins présent. L’attitude du corps au fil des kilomètres s’harmonise aussi. Les 3 coureurs ont la tête baissée, le corps se tasse légèrement, donnant une impression de repli sur soi. La foulée est rarement aérienne, même s’ il m’a été permis de voir sur une traversée de l’Australie, un Russe à l’allure impressionnante et à la foulée bondissante, c’est une exception et au stade de cette course il était bien le seul. Autre trait physique, chacun a sa morphologie. J’ai noté qu’il n’y a pas de type spécifique chez les ultra-runners, contrairement aux marathoniens par exemple qui le plus souvent possèdent une morphologie similaire.
Pour revenir à nos moutons ou plus particulièrement à notre journée, au 42ème kilomètre, nous passons devant le château de Himeji. Il s’agit du plus grand des 12 châteaux féodaux du Japon, dont la construction s’est étendue du XIVème au XVIIème siècle. Cette merveille historique fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco.
A la sortie de Himeji, ça grimpe et la chaleur s’intensifie. Serge arrive au 48ème kilomètre, le visage rouge écrevisse. Il est grand temps de se mouiller la tête et de mettre son bob. C’est également le moment où nous recevons la visite de la télévision locale, qui profite du ravitaillement pour poser 2 questions à Serge, puis le petit train repart. Serge préfère rester devant pour conserver son rythme habituel car il sait qu’à ce stade de la course et vues ses douleurs et sa fatigue, il ne s’agit pas de faire le moindre zèle car même si près du but, rien n’est jamais gagné. Cette notion sans fausse modestie et vue de loin peut paraître saugrenue : « Vous êtes au Japon….On ne doute pas de votre succès ….Vous êtes si près du but .» Ces encouragements que nous recevons quotidiennement nous vont droit au cœur, même si nous nous sentons parfois sur le fil du rasoir ! En ce 1er août, il reste encore plus de 2000 km qui ne sont pas à négliger.

