Photo Thomas Crabot

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J198 – 59.7Km

LUNDI 3 JUILLET
N31 45.807 E116 36.111 (53m – 10km après Luan) – N31 51.671 E117 12.353 (47m – entré de Hefei)
59,7km – 10H47

Trouver le courage de repartir.

Il y a des jours où Serge part à reculons et c’est le cas aujourd’hui. La journée sera encore difficile et il le sait. J’aimerais pouvoir ne rien avoir à dire et me creuser la tête pour alimenter ce site chaque jour comme lorsque Serge va bien, mais ce n’est pas le cas et la course Paris -Tokyo n’est pas un long fleuve tranquille. Depuis les 6000 km, il y a des hauts et des bas.

Au 40ème kilomètre, nous croisons Serge : « J’étouffe, je n’arrive plus à respirer ». Au 42ème kilomètre, Serge monte dans le 4×4 pensant trouver une once de fraîcheur avec la clim, mais celle-ci n’a jamais fonctionné depuis le départ et n’est pas froide. 5 minutes après, il descend du 4×4 car il a envie de vomir, mais il ni parviens pas. Il s’allonge : « Je veux de l’air, je veux de l’air ». c’est une demande difficile à satisfaire. Il enlève ses chaussures, son tee-shirt trempé.

Son torse le démange à cause de ses petits boutons de chaleur et de plaques rouges. La sueur est abrasive et ça le gratte terriblement. La tête et tout son corps sont brûlants et la fréquence respiratoire anormalement rapide : « Détends-toi, respire doucement, profondément ». Il faut lui faire descendre la température du corps. Pour cela, j’asperge son ventre et son torse d’eau froide (que nous stockons dans le frigidaire 12V du 4×4 car jusqu’alors, nous n’avons jamais trouvé de glaçons) car il faut soulager les démangeaisons au moyen d’un lavage succinct. S’en suivent quelques minutes de repos pour retrouver une respiration normale.

Serge s’assoit et mange avec appétit, ce qui est bon signe. « J’avais l’impression d’avoir un sac plastique sur la tête mais ça va mieux ». Voilà plusieurs jours que nous voulions décaler le départ au lever du jour, cette fois c’est décidé. Il faut passer à l’acte même si je sais que ça contrarie Serge, pour qui le temps de sommeil et de récupération est très important, surtout en ce moment.

Mais Serge est toujours partant pour la plaisanterie et ce sera le cas lors d’un ravito que fait Maxime : «  Ah mon neveu, c’est loin Tokyo ! »

Serge fera aussi une petite étape et par chance nous trouvons un hôtel à 200 m de la 312, à l’entrée de la ville de Hefei. Il y arrivera donc à pied. Pendant ce temps, Liu est parti faire la reconnaissance de la traversée de la ville, et Stéphanie et Tom sont partis faire des courses au centre-ville.

Hefei est la capitale de la province du Anhui et compte plus de 4 millions d’habitants. Partir à l’aube est donc d’autant plus approprié : moins de chaleur, moins de circulation, moins de monde, moins de bruit, moins de pollution … enfin, plus de confort pour courir.