Au petit matin

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départ à l’école

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rencontre sympathique

J258 – 75.7Km

VENDREDI 1er SEPTEMBRE
N37 39.459 E140 27.640 (219m – 15km après Fukushima) – N37 07.219 E140 12.268 (376m – Shirakawa)
75,7km – 10H52
J-4: arrivée le 5 septembre à 14H00 (heure locale) à Tokyo sur le parking du Prince Hôtel.
Pour plus d’infos, cliquez sur l’icône « Arrivée » en page d’accueil du site.

Brève : Serge va bien, même si il semble toujours aussi concentré durant sa journée de course (peu bavard et le regard fixé sur ses chaussures). Après le calme et la sérénité du nord, nous retrouvons l’urbanisation omniprésente à l’approche de Tokyo. La pluie est de retour après une journée clémente hier et le thermomètre a du mal à monter au-dessus de 22°C. Serge avance tel un métronome, ces 3 derniers jours sont à peu de choses près identiques au niveau kilomètres et temps passé sur la route.
Place à nos « Anges Gardiens » Christian et Joël qui se sont croisés à Istambul lors d’une rotation. L’un est coureur, l’autre ne l’est pas mais tous les deux ont une grande disponibilité d’écoute à l’égard des autres et plus particulièrement de Serge sur cette traversée. Merci.

CHRISTIAN COGNOT (56ans)
Participation entre TIRANA et ISTAMBUL

La vie sur la course est cadencée au rythme de Serge. Les taches sont biens définies au départ et en ce qui me concerne, c’était de m’occuper des véhicules et d’assurer seul ou à deux les ravitaillements (étapes de 4 Km soit 15 à 16 par jour). Cela paraît très simple et aucune compétence particulière ne semble être requise.
Mais ce pseudo contrat comporte un certain nombre de lignes en très petits caractères (jamais lues) où l’on découvre la vraie vie de la course.
Je pense par exemple au climat rigoureux des pays traversés en ce début de mois de février où la neige et le vent très fort nous contraignaient à faire des étapes de 1 km pour surveiller Serge et éventuellement lui donner des vêtements chauds et autres prestations permettant de l’aider un peu par des temps à ne pas mettre un coureur dehors.
Je pense également à la vigilance particulière que nous avions pour protéger Serge des meutes de chiens sauvages.
Je pense encore aux traversées de grandes villes où un repérage du parcours était nécessaire pour éviter que Serge retourne sur ses pas, et l’angoisse des suiveurs qui n’ont pas toujours mémorisé parfaitement le trajet.
Les suiveurs, qui sont en fait à 90% du temps des « précédeurs », sont entièrement à l’affût du moindre fait ou geste qui pourrait aider Serge. L’abnégation est, je pense, une des qualités indispensables et seul l’objectif compte. Des pays traversés, nous n’en voyons que la route et surtout le bout de la route qui se rapproche à chaque instant et nous savons qu’un jour, nous verrons parfaitement le panneau d’entrée de ville de TOKYO.

Avec Serge, rien ne m’étonne, je le connais depuis longtemps et je sais que malgré les conditions extrêmes (climat, topographie …) il composera. Par rapport à des problèmes de santé, il gérera son corps en anticipant et adaptera son rythme de course. Sur toutes les courses, il a souffert de maux, mais il est toujours reparti.
Par contre, pour le suiveur il est très difficile de le voir souffrir et surtout de comprendre Serge qui dit être heureux.

Ma modeste participation à ce challenge incroyable m’a permis de mesurer l’importance de la logistique. La moindre erreur dans ce domaine a des répercutions immédiates sur la course. Une symbiose est indispensable à moins que ce soit quelque chose de plus fort et qui peut tout, ce qui fait que Laure la logisticienne et Serge le coureur seront les grands vainqueurs de cet incroyable défi.

JOEL RICHARD (56 ans)
Participation entre Istambul – Téhéran

La vie du suiveur au quotidien:
Le suiveur doit s’adapter en fonction de 3 paramètres
La forme de Serge
L’étape (étape de ville ou étape de campagne)
La météo
Le suiveur, dans tous les cas, gardera un oeil rivé sur Serge. Ne jamais le
laisser sans surveillance, tel le lait sur le feu. A tout moment, Serge peut
avoir besoin d’un de ses fidèles compagnons. Ça, c’est la règle de base.
Ensuite, l’étape aura un air de vacances si l’on évolue en campagne par beau
temps et surtout si Serge est en forme. Le moindre grain de sable pourra
enrayer la machine. Le suiveur doit avoir le souci de faire plaisir à Serge
en lui proposant des ravitaillements variés et équilibrés si possible
(plus de 4000 ravitos ),

Qualités du suiveur:
Croire dans le projet et l’athlète.
Pour ma part, la principale qualité du suiveur est la capacité d’
anticipation (changement de direction, un Kway si la pluie menace , la crème
solaire si le soleil darde , une lampe avant le passage sous un tunnel…)
Ne pas stresser en voulant anticiper (proposer une fois afin de faire savoir
: « si tu as besoin, je suis prêt »).
Être attentif, vigilant et toujours avoir un oeil sur le coureur.
Se faire le plus discret possible tout en étant présent.

Rôle du suiveur:
Ne pas faire attendre Serge (règle importante). En cuisine, on dit toujours
que c’est le client qui attend le soufflé et non l’inverse. Dans cette
aventure, Serge est le soufflé et le client est le serveur.
Préparer des ravitaillements variés et équilibrés si possible. Toujours
avoir le souci d’apporter un peu de plaisir au travers de ces repas (faire
cuire des pâtes sans réchaud, préparer des salades de fruits…)
Faire des photos pour alimenter le site Internet , filmer.
Monter le panneau tous les 1000 km.
Toujours avoir Serge en ligne de mire afin de répondre à un besoin ou une
demande.
Le suiveur peut être logisticien et là, les tâches sont diverses et variées
( faire les courses, veiller aux stocks de nourriture pour ne pas tomber en
rupture, repérer les parcours, chercher un endroit pour dormir, faire de l
‘informatique (tableaux Excel..), préparer les bivouacs, faire la cuisine, la lessive, nettoyer les véhicules, les plus doués feront mêmes les
vidanges.

Ce qui m’a étonné chez Serge:
Sa détermination, sa motivation, son humilité , sa volonté, sa régularité et
surtout, sa capacité à résister à la souffrance : en course à pied, la
souffrance vous rattrape tôt ou tard . Où va t il chercher cette énergie ?

Traversée à petite allure:
Ce rythme m’a permis de profiter du paysage, mais surtout de faire des
rencontres merveilleuses, de faire de nombreuses pauses thé avec les
autochtones. Ne pas croire qu’une pause tous les 4,5 km, c’est ennuyeux. Non,
car Serge mettra systématiquement 32 mn pour parcourir cette distance et 32 mn
c’est vite passé.

La vie du suiveur a t’elle répondu à votre attente:
Avant de participer à cette merveilleuses aventure, j’avais imaginé des
dizaines de scénario. Aucun n’a été à la hauteur de ce que j’ai vécu.
Participer à un tel défi a été pour moi très enrichissant, sur le plan
sportif et sur le plan humain. Serge rappelle souvent que nous formons une
chaîne et le suiveur en est un maillon ( il faut savoir que la résistance d’
une chaîne est égale à la résistance du maillon le plus faible – conclusion,
il faut donner le meilleur de soi). La plus belle des récompenses, c’est de
voir Serge évoluer en regardant le paysage car c’est un signe qui ne trompe
pas. C’est que du bonheur et moi, durant 5 semaines, j’ai été au paradis
entouré de gens comme on en rencontre très rarement, « des Amis ».
J’aurais aimé apporter à Serge et son entourage ce que Serge et son
entourage m’ont apporté.
Et pour terminer, depuis cette merveilleuses aventure, j’ai la joie et
le grand plaisir d’être « un gars qui a accompagné un surhomme » et on me
sollicite pour en parler (je ne suis pas un peu fier).

Et pour conclure, je prendrai l’image suivante (Question non posée):
Quand un orchestre interprète une oeuvre (Serge), il faut un excellent chef
d’orchestre (Laure, pièce maîtresse qui porte tout sur ses frêles épaules)
et quelques musiciens admiratifs et amoureux de l’oeuvre et faisant une
confiance aveugle au chef d’orchestre.