J264 – 9/7/2006


J264 – 7.3Km

JEUDI 7 SEPTEMBRE
7,3km en 53 minutes
Serge ne s’arrêtera pas de courir! En revenant de son footing, il dit : « Je me suis senti tellement bien que j’avais envie de continuer ».
Le mot de la fin sera pour Serge :
« Après les 2 premières semaines, Laure m’a senti plus fort et plus épanoui que sur les autres traversées et elle avait raison. J’ai ressenti une force intérieure, j’étais bien dans ma peau. J’étais prêt à passer de longues heures sur la route. Je savais qu’il allait falloir être patient et j’étais prêt à l’être. En Chine, ce bel équilibre a été un peu perturbé par les chutes, les abeilles et la chaleur. J’ai eu peur que ma moyenne chute et cela m’a un peu déstabilisé. Je vais continuer à courir tous les jours un petit footing et penser au film, au livre et au futur projet. Pas de place pour la déprime !
Je ne vous remercierai jamais assez pour votre soutien via vos messages. Merci à mes partenaires qui ont crû en moi et merci à mes équipiers et camarades de route qui m’ont entouré de leur attention. »

Voici les réponses aux questions les plus posées :

Question de Jean-Marie qui nous a écris tous les jours, ou presque. Ce fut une très belle correspondance :
Quel sera votre programme d’entraînement en rentrant en France pour éviter le vide, le manque?
Faire le plus de kilomètres possible chaque jour. Je ne suis pas prêt à faire un break.
Ferez-vous un bilan de santé ? Y a-t-il des problèmes importants ?
Non, pas de bilan de santé. Je n’ai que le problème de mon tendon qui est entrain de se résorber et une visite chez le dentiste s’impose.
En combien de temps pensez-vous retrouver votre poids du mois de décembre?
En 3 semaines – 1 mois.
Que répondez-vous lorsqu’on vous demande votre profession?
Je pense que je n’ai plus de profession, ou en tout cas pas répertoriée dans un groupe socio-professionnel.

Questions originales qui ne reprennent pas la nourriture ou autres détails pratiques qui ont été expliqués bien souvent dans les comptes-rendus du site internet au fil des mois :
Merci à vous pour cet échange en 3 parties.

1- Questions sur l’avant course :

Comment vous est venu l’idée d’un tel pari ?
Le virus des trans-continentales m’est venu en lisant « la grande course de Flanagan ».

Avez-vous, à un moment de votre exploit, douté de la réussite de celui-ci ?
Non, j’ai douté de ne pas arriver dans les temps mais je n’ai jamais douté d’arriver à Tokyo. J’ai eu des équipes motivées et super, ça aide.

Comment vous êtes-vous préparé avant de partir, et comment avez-vous réussi à garder votre condition durant votre Trans Eurasie ?
Ma préparation, 4 mois avant de partir : courir 70km tous les 2 jours.

J’aimerais savoir comment tout a commencé. Comment tu as trouvé les sponsors et si tu les connaissais avant?
Très longue histoire qui noircirait beaucoup de pages. Il faut toujours forcer le hasard pour qu’il vous ouvre les bras. Rien n’est jamais acquis et la ténacité et la persévérance sont de mise.

Comment concilies-tu le travail et la course ?
L’envie de courir, lorsqu’elle est plus forte que tout, se concilie avec le temps de travail. Je suis passé par là. Maintenant, mon travail c’est courir et communiquer sur la course. Tout se passe bien entre les 2. Le plus dur est de trouver l’équilibre entre sa vie professionnelle, privée et sportive.

Serge suit-il une préparation psychologique particulière avant d’affronter un défi ?
Tout simplement non.

2- Questions sur la course :

Pendant votre Trans-Eurasie avez-vous déjà eu le sentiment de vouloir abandonner votre course ?
Non.

Comment organisez vous chaque étape ? Devez vous demander des permis ?
J’aimerais savoir plus de choses de votre organisation, de votre infrastructure.
C’est Laure qui s’occupe de tout, j’ai juste à courir.

Comment se passe ta mise en route matinale? Quel est ton rythme de course habituel : Petites foulées? Alternance course et marche? Etirements et massages à l’arrivée?
Au début, 10 minutes de marche puis alternance course-marche pendant 1H00 ou 2H00 et puis course ou encore course-marche en fonction des douleurs.

Au départ il était annoncé 19300km. C’est un détail mais pourquoi arrêter avant d’avoir atteint cette valeur ? Est-ce la fatigue ou la prudence qui ont recommandé d’arrêter aussitôt la barre des 19 000km franchie?
Voir le compte-rendu J241. Merci.

Qu’est ce qui a amené Serge à se poser ce défi de traverser les cinq continents avec 2 ans d’intervalle ?
2 ans, cela me donne le temps de faire une année de conférence entre chaque traversée et le temps de préparer la course suivante.

Des chances de voir des chaussures ressemblant à celle de Serge se vendre chez Mizuno?
A priori, elles ne sont pas en vente dans notre pays. Je vous conseille d’aller dans les magasins spécialisés demander si celles-ci seront en vente en France.

Quand quelqu’un court avec toi, arrivez vous à discuter en courant ou alors un grand silence?
Je préfère le grand silence. Il est rare que quelqu’un court avec moi et si tel est le cas, je préfère rester dans ma bulle.

Pourquoi arpentez-vous les routes dans le sens des véhicules. En sécurité routière, les piétons doivent marcher à gauche afin de voir le danger arriver. Vous, vous faîtes autrement. Pouvez-vous me donner vos raisons ?
(Cette question est déjà été abordée dans un ou deux comptes-rendus mais elle a été souvent posée.)
Je suis la réglementation des pays. Par exemple, au Japon on m’a demandé de courir dans le même sens que les véhicules. D’une façon générale, je cours face à la circulation et ensuite je m’adapte avec la place sur les bas-côtés, le type de terrain, etc

Lis-tu les comptes rendus qui sont publiés sur le site ?
Non, pas pendant la course. Je vais bientôt prendre le temps de les lire.

Quand je parle autour de moi de l’incroyable aventure que tu vas bientôt terminer — 73 km en moyenne pendant près de 9 mois –quelqu’un m’a fait la réflexion : « 9 mois, c’est comme une grossesse ». Quand il faudra revenir à une vie normale, ne crains-tu pas une sorte de « baby blues » (une dépression post-natale)?
Non, car 9 mois c’est le temps de gestation et après une nouvelle vie commence et cette nouvelle vie c’est le nouveau projet.

3- Questions d’après course et questions générales :

Dites moi, est ce que vous courrez des fois des marathons officiels ? Quel est votre temps en général ?
Vous utilisez toujours de la pommade NOK ?
Je cours très rarement des marathons officiels : Paris en 2003, 3H04’.
Je mets tout le temps de la crème Nok, même aux entraînements.

Que fait-on quand on a vécu un tel exploit, n’est-on pas un peu triste, n’est-ce pas le grand vide ?
J’ai appris qu’à la fin de chaque traversée lorsque je vois la banderole ligne d’arrivée, je savais qu’au dos de cette banderole il y avait inscrit « aujourd’hui débute un nouveau projet » donc ma tristesse ne dure qu’une seconde le temps de me retourner

Quel va être ton programme pour pouvoir récupérer physiquement et psychologiquement de ton extraordinaire aventure ?
Continuer à courir, garder un équilibre psychologique, même si les douleurs persistent.

Y a t’il d’autres collèges qui t’ont suivi comme nous ?
Oui j’ai eu quelques classes qui ont suivi : des primaires et des collèges. J’adore les questions des enfants et c’est super lorsqu’ils commencent à aimer la géographie en suivant ma trace.

Recours-tu dès le lendemain ? oui

Nous aimerions savoir si tu juges ton exploit comme un exploit sportif, mental, psychologique, d’expiation de quelque chose, vital?
C’est un tout. Bien que je ne cite pas cette course comme un exploit mais comme une tranche de vie.

Combien de temps va-t-il falloir pour récupérer ?
Si récupérer c’est s’arrêter de courir je ne suis pas prêt de récupérer.


L’INCROYABLE DÉFI DE SERGE GIRARD