rizière – Photo Thomas Crabot

dur labeur… – Photo Thomas Crabot

policier chinois – Photo Thomas Crabot

taxi – Photo Thomas Crabot

fleuve au pied des montagnes – Photo Thomas Crabot

francois au travail – Photo Thomas Crabot

sous le soleil – Photo Thomas Crabot

le regard déterminé – Photo Thomas Crabot

fan club locale – Photo Thomas Crabot

buffle dans très verts pâturages – Photo Thomas Crabot

fin de journé : fatigué mais souriant – Photo Thomas Crabot

J193 – 75.3Km

MERCREDI 28 JUIN
N32 22.245 E113 22.299 (161m – Tongbia) – N32 09.775 E114 03.690 (116m – 5km avant Xinyang)
75,3km – 11H21

Ce matin, la présence du vent nous donne l’impression de moins étouffer, même si nous continuons à ruisseler. Serge ne subit pas sa course, malgré la chaleur : Il a le visage expressif, parle lors des ravitaillements, autorise Maxime à courir 4,5km avec lui, pivote la tête et regarde même le paysage. C’est la première fois depuis 3 jours qu’il ne fait pas une pause assise ou couchée.

Le paysage est superbe : Des massifs montagneux en arrière plan, rizières à perte de vue dans la plaine, une multitude de rivières et d’étangs dans lesquels se baignent des buffles… nous nous sentons au cœur de l’Asie. Malgré la présence de villes de plus en plus rapprochées, nous sommes encore immergés dans la Chine rurale et paysanne.

Serge, qui pourtant mange bien, à l’impression d’avoir maigri et la balance est de sortie : il pèse 54kg. Rien d’alarmant, il faut juste ne pas se laisser aller et continuer à bien manger. La nouvelle équipe nous a ramené 40 kg de ravitaillement, achetés et conditionnés par Dominique. Il était temps car les garçons de la précédente équipe commençaient à s’arracher les cheveux pour savoir quoi donner à Serge à cause de l’épuisement des stocks. Depuis une semaine, Serge a retrouvé ses riz au lait, ses bolinos, ses barres énergétiques, ses petits Lu (qui commencent à lui sortir par les yeux !). En extra, nous avions du camembert et du saucisson….les narines et le palais se sont délectés.

Malgré le retour des Bolinos, Serge continue de prendre un plat lyophilisé de Clinutren, hyperprotéiné, calorique et vitaminé. C’est la première fois sur une traversée qu’il s’alimente autant en salé et solide : 1 bol de bouillie Clinutren, 1 Bolino, 1 bol de pâte deshydratées chinoises, parfois 2, et de la viande que nous trouvons sur la route le midi lors de notre déjeuner. Malgré la chaleur, il continue de prendre une soupe bien salée en début d’après-midi. En général, c’est une alternance de sucré et salé.

Serge ne semble pas se lasser de tous ces ravitaillements, même si depuis 6 mois c’est toujours un peu la même chose. Sa constance est assez incroyable tant au niveau du kilométrage journalier que moralement. Serge n’a jamais eu envie, ni l’idée même fugace d’arrêter cette course. La seule chose qu’il ne maîtrise pas c’est le temps qu’il lui faudra pour rejoindre Tokyo : « Tant que mon corps le peut, j’avance mes 75 km par jour, mais je ne sais pas jusqu’à quand. L’arrivée à Tokyo, je la visualise mais je ne maîtrise pas la date car tout peut arriver ».