il fait chaud, mieux vaut rester couvert

Père et fils !

Jean-Marc et notre chauffeur Oraz



je marche en direction de Turkmenabat

J110 – 75.2Km

JEUDI 6 AVRIL
N37 16.857 E61 19.186 (199m – 10 km de Hauz Han) – N37 36.842 E61 58.605 (219m – 12km de Mary)
75,2 – 11H05

Serge est parti un peu tard ce matin contrairement à d’habitude. A chaque décalage horaire le rythme est difficile à prendre d’autant que les journées sont plus longues pour Serge en ce moment. Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas passé 11H00 sur la route. Depuis 3 jours, il lutte contre un léger vent de face et la douleur de type cruralgique est réapparue, le contraignant à la marche les 25 derniers kilomètres. Serge, qui aurait pû s’arrêter au centre de la ville de Mary et qui plus est devant l’hôtel où nous logeons ce soir, a poursuivi son chemin avec toujours en tête cette fameuse frontière chinoise qui ferme ses portes durant 10 jours du 29 avril au 9 mai. Il faut qu’il tienne cette moyenne envers et contre tout pour ne pas être bloqué dans ce no man’s land entre la Kirghizie et la Chine, ni être contraint de faire des étapes de 10km chaque jour réduisant ainsi considérablement sa moyenne kilométrique par jour. Autant de raisons qui font de cette course une performance sportive. Serge et son équipe ne sont pas là pour une simple promenade ou passer de bonnes vacances. Courir chaque jour plus d’un marathon et demi relève du défi et c’est notre défi malgré le côté incertain d’une telle entreprise. Souvent une question nous est posée : « Qu’est-ce qui pourrait faire que Serge Girard n’arrive pas? »

Les possibilités sont nombreuses :

Serge et sa santé : fracture de fatigue, paralysie liée à une grosse sciatique ou cruralgie, se faire faucher par une voiture, se prendre un coup de pied mal placé par un chameau enragé, se faire mordre les mollets par un chien. Autant de petites choses anodines qui feraient stopper la course.

Les situations politiques de certains pays : comme l’Iran pour le contexte international et un peu plus loin à la frontière entre l’Ouzbekistan et le Kirghiztan pour les révoltes de la population.

Les catastrophes naturelles comme les secousses sismiques fréquentes en Iran et en Turquie (ouf nous sommes passés mais malheureusement il y a eu des dégats).

Ne pas être là au mauvais moment relève d’une aventure quotidienne.

Le dernier point qui rend un peu plus compliqué cette organisation : Serge doit courir et progresser tous les jours malgré la multitude de passages de frontière, qui deviennent d’ailleurs de plus en plus compliqués avec les 2 véhicules qui le suivent. Voyager avec son véhicule complique beaucoup les choses notamment à partir du Turkmenistan jusqu’en Chine. Si la logistique pouvait se satisfaire d’équipiers en vélo ou en rollers, les choses seraient beaucoup plus simples, mais l’objectif de Serge ne serait certainement pas atteint.

A partir de maintenant nous évoluons dans des pays régis par des régimes particuliers et qui souvent croulent sous le poids d’une lourdeur administrative, militaire, policière, gouvernementale et où des règles sont certes établies mais bien souvent changeantes ou arrangeantes si vous savez vous montrer généreux…

La course Paris-Tokyo est tributaire de tous ces aléas et chaque jour qui passe est un pas vers l’objectif à atteindre : Tokyo. Mais qui peut nous assurer de quoi sera fait demain?