"contre le mauvais oeil"










J112 – 75.4Km

SAMEDI 8 AVRIL
N37 51.046 E62 35.564 (212m – 10km après Zahmet) – N38 23.893 E63 04.417 (186m)
75,4km – 10H27

Pluie en continue – 18°C (44°C hier) – 60% d’humidité (25% hier)

Autant dire que nous sommes saisis et frigorifiés par cette fraîcheur et cette humidité pénétrante. Serge, comme bien souvent dans des moments qui pourraient être des plus déplaisants, prend son mal en patience et finit son étape en blaguant avec Jean-Marc et Benjamin. Lorsque l’on passe près de 10H30’ sous la pluie mieux vaut garder le sourire, même si tout le monde à les pieds trempés et gelés.

Nous rencontrons encore 2 postes de police où il faut se faire enregistrer. Cela fait bien 10 postes que nous passons depuis notre arrivée. Ils ont été mis en place en 1998 pour lutter contre le trafic d’opium venant d’Afghanistan et tout le monde doit être enregistré même les turkmènes.

La logique administrative n’est pas toujours de mise : lorsque vous avez un visa touristique (le visa de transit n’est valable que 3 jours), vous devez vous faire enregistrer auprès d’un bureau touristique dans les 3 jours qui suivent votre arrivée dans le pays. Les soucis commencent lorsque le préposé du bureau touristique décrète qu’il ne tamponnera pas vos papiers, même Bakhtiyar ne comprend pas.

Comme vous l’aurez compris, le Turkmenistan est un pays où cohabite un certain nombre d’ethnies différentes. Dans les 13% des minorités, outre les russes et les arméniens, il y a aussi des ouzbeks, des kurdes et des turcs d’azerbaidjan.

Les traditions demeurent surtout dans les petites villes. Aujourd’hui Bakhtiyar nous a offert un porte-bonheur : un pendentif constitué de 2 triangles en laine de chameaux. Ils sont maintenant pendus aux rétroviseurs de nos véhicules car ils ont pour vertu de chasser le mauvais œil.

Ce soir nous logeons à Repetek dans un restaurant pour routier. Chose surprenante, un livre d’or nous est présenté dans lequel depuis 1988, tous les touristes qui passent y collent leurs photos, dessinent la carte de leur parcours et laissent un petit mot. Il s’agit la plupart du temps de « cyclos », comme ils se prénomment, venus de suisse, de France, d’Allemagne, du Japon, de Chine, d’Australie ….nous avons une petite pensée pour Sébastien que nous avions rencontré en Turquie. Peut-être passera-t-il par là ?

La soirée se passe dans une bonne ambiance, sur une télévision des dvd de clips de musique ouzbek donnent envie de danser. Oraz puis Bakhtiyar ainsi que la fille du patron des lieux se lancent dans une démonstration de danse traditionnelle que Laure essaie tant bien que mal d’imiter.