le soleil s lève sur Bouchara – Crédit photo Claire Dorn

Crédit photo Claire Dorn

à la sortie de Bouchara – Crédit photo Claire Dorn

une journé peu détendue – Crédit photo Claire Dorn

jeunes cyclistes en herbe – Crédit photo Claire Dorn

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Jean-Marc pause – Crédit photo Claire Dorn

Laure pause – Crédit photo Claire Dorn

et Serge court – Crédit photo Claire Dorn

J116 – 76.1Km

MERCREDI 12 AVRIL
N39 47.971 E64 24.654 (216m – Bouchara) – N40 05.970 E64 59.948 (307m – 15km après Qiziltepa)
76,1km – 10H16

Serge prend le départ à 7H50’. Il suit le contour de Bouchara et rejoint la route de Navoi. Hier, nous avons croisé beaucoup de touristes étrangers, allemands et français. La saison touristique vient de débuter car les mois les plus agréables en Ouzbekistan sont les mois d’avril-mai et septembre-octobre. L’été la chaleur est écrasante. A cette période, Bouchara est une ville verte et les rues de la vieille ville sont arborées. De la sortie de la ville jusqu’à Qiziltepa, les villages se succèdent et nous rencontrons de nombreux enfants à vélo qui viennent regarder d’un peu plus près nos véhicules. Le bord de la route est également très vert, il semblerait que l’été toute cette végétation soit grillée. Passé Qiziltepa, le paysage change radicalement, nous sommes dans le désert : sur le sable quelques rares touffes d’herbe agrémentent ce décor désolé. Il en sera ainsi jusqu’à Navoi.

Serge a une journée difficile, malgré le profil qui depuis le Turkmenistan est quasiment plat, les étapes sont longues. Il ne parle pas : concentration et surtout lorsqu’on le connaît bien c’est que cela va mal soit physiquement soit moralement. Jean-Marc se demande si ils ont fait avec Benjamin quelque chose de mal. Il faut rassurer les suiveurs qui sont présents chaque jours auprès de Serge : tout cela est normal, Serge n’est pas une machine et ne court pas 75km par jour impunément. Il inflige un régime sévère à son corps et parfois une petite fatigue peut exacerber une petite douleur physique.

Ce sont des situations parfois difficiles pour les suiveurs qui viennent avant tout avec leur cœur. On me pose souvent la question de savoir quelles sont les qualités d’un suiveur et j’ai enfin trouvé la réponse sur cette traversée : « patience, humilité, abnégation, s’adapter à toute les situations d’une vie précaire, s’adapter à un rythme de vie généré par la course, gestion de la fatigue, aimer la vie de groupe, ne pas être à cheval sur la propreté, être simple, croire au projet et en Serge  ». Les personnes qui viendraient pour se donner une occasion de voyager, se porter juges de la course et de la vie que celle-ci génère, se reconstruire lors d’un passage difficile dans leur vie, se trompent. Il faut être fort, il faut être un roc.

Je reviens sur la question des running Mizuno, suite à quelques interrogations : Serge porte la même paire sur environ 1000km, contrairement à la traversée de l’Australie et de l’Amérique du sud où il faisait tourner ses chaussures numérotées. Pour l’anecdote, Serge a quelques soucis avec ses ongles de pied. Sur cette traversée nous aurons la présence en Chine de Stéphanie, pédicure à Rennes et je pense qu’elle aura du travail. Serge est actuellement dans l’incapacité d’atteindre ses pieds. Le simple fait de mettre ses chaussettes le matin relève d’un exercice difficile.