journaliste local

un peu d’ombre

"mon Dien qu’il fait chaud"

sur la route 56 pas l’ombre d’une ombre

le meilleur des remontants

un moyen de traitement pour les rizières à faire palir les enfants

J243 – 74.5Km

N39 28.995 E140 02.559 (27m – 10km après Honjo) – N40 01.869 E139 55.543 (7m – entre Akita et Noshiro)
74,5km – 11H36

J-20 : Arrivée le 5 septembre à 18H00 (heure locale) à Tokyo.

« La journée la plus chaude de la saison à Akita » : dixit la météo locale.

Nous voici revenus quelques semaines en arrière, avec une chaleur étouffante et un soleil brûlant. Serge, après 4 heures de course, ne se sent pas en forme : il a mal au cœur et à la tête et le soleil sur sa peau lui est insupportable. Son visage est rouge cramoisi, ses yeux brillants et enfoncés dans leur orbite. La mer est à deux pas de nous et nous aurions envie de proposer à Serge de faire une journée de relâche (allez! 50km, ça ne serait pas si mal) pour faire un petit plongeon dans l’eau, histoire de se rafraîchir. Mais rien ne perturbera sa seule et unique envie, son seul objectif : courir plus de 70km par jour. Alors Serge se donne du courage tout seul, aidé par tous ces japonais qui s’arrêtent au bord de la route juste pour lui serrer la main, le saluer, l’encourager.

Lors d’un ravito, un couple accompagné d’un jeune enfant s’arrête auprès de Serge. Les encouragements fusent et Serge repart en disant : « Tu vois, ça te donne du baume au cœur et pendant au moins 1km tu ne penses plus que c’est dur, tu es juste heureux. Regarde, j’en ai la chair de poule ». L’émotion s’accentue : Serait-ce l’âge ou la fatigue ?

Quelques kilomètres plus loin, Serge s’épanche : « Heureusement qu’il ne reste pas 2 mois sous cette chaleur, ça me pompe une énergie, c’est dingue! ». Au final, je pense que l’on ne s’habitue pas à la chaleur, surtout dans ce genre d’effort où l’endurance est repoussée loin, très loin.

J’avais du mal à réaliser l’ampleur du challenge au départ, ne prenant les jours que les uns après les autres, adaptant cette maxime au quotidien « A chaque jour suffit sa peine » et même après 8 mois, j’ai encore des difficultés à voir ce que représente toutes ces journées mises bout à bout avec plus de 73km de moyenne par jour.

Une nouvelle vidéo de François vous attend sur le site et d’autres vidéos seront disponibles la semaine prochaine.