un nouveau jour

des fans

François, le retour

"J’ai même pas peur des ours"

au bord de la route "big falls"

fin d’étape tout en monté

changement de t-shirt avant de remonter en voiture pour 50km

J249 – 75.1Km

MERCREDI 23 AOUT
N41 05.608 E141 14.905 (4m – Yokohama) – N41 21.195 E140 53.706 (500m sur la route 46)
75,1km – 11H20

J-13 : arrivée le 5 septembre à 18H00 (heure locale) à Tokyo.

Le nord de l’île de Honshu a un climat des plus changeants : brouillard, soleil, crachin, pluies orageuses… le tout en une même journée! Il n’y a guère que la température qui ne varie pas, ou peu, avec toujours une trentaine de degrés.

La matinée est assez urbaine, même s’il s’agit de petites villes. Les rencontres sont multiples sur le bord de la route. L’après-midi sera beaucoup plus calme : nous quittons la côte pour nous enfoncer dans la forêt « aux ours ». Nous lui avons donné ce surnom car de nombreux panneaux indiquent aux promeneurs de ne pas pénétrer plus avant dans cette sombre végétation qui nous entoure. La route 46 coupe à travers les terres et Serge terminera sa journée 1 km avant la fin du col. Demain une belle descente l’attend et il retrouvera la mer pour rejoindre la côte est du Japon, côté Pacifique.

Tous les jours, Serge pense à la fin : « Je donnerais un an de ma vie pour repartir pour la même traversée ». Du haut de ma petite expérience, je suis bien contente que les 21 km d’un semi se terminent et je ne penserais pas une seconde à aller en courir un deuxième à la suite, déjà satisfaite d’achever celui que je suis entrain de faire. Je finis par me dire qu’il est impossible de comparer des disciplines différentes : du sprint au demi-fond, du demi-fond au fond, du fond à l’ultra-fond, de l’ultra-fond aux transcontinentales, des transcontinentales à une course qui tendrait vers l’infini. On parle de course à pied, certes, mais là où les prédispositions et les qualités physiques sont différentes, les sensations le sont aussi. Prenez un 1500 m et un marathon : la préparation est différente, la course est différente et les sentiments d’après course seront aussi différents.

Serge a un jour tenté de m’expliquer que tant que l’on ne connaît pas la jouissance que procure le fait de parcourir autant de kilomètres, on ne peut pas comprendre que la douleur s’oublie. «Il faut avoir ressenti ce phénomène une seule fois et le vivre de l’intérieur pour comprendre. » m’a-t-il dit il y a longtemps déjà. Cela m’est apparu abstrait, même si je comprenais le fond de sa pensée.