Nous on aime moins la nationale 4!

Tokyo se rapproche

Une bonne platré de pâtes…

…avant une interview

2 télévisions au rendez-vous

pendant ce temps, les filles pique-niquent

Le relai entre l’équipe des filles et des garçons

L’école est fini….

…Serge a encore un peu de boulot.

J257 – 75.3Km

JEUDI 31 AOUT
N38 07.654 E140 50.687 (20m – 20km après Sendai) – N37 39.459 E140 27.640 (219m – 15km après Fukushima)
75,3km – 11H09
J-5: arrivée le 5 septembre à 14H00 (heure locale) à Tokyo sur le parking du Prince Hôtel.
Pour plus d’infos, cliquez sur l’icône « Arrivée » en page d’accueil du site .

Comme l’a souligné Michel, un suiveur suit Serge, certes, mais il le devance souvent pour reconnaître la route, trouver les bivouacs ou les hôtels, ou le ravitailler. « Anges Gardiens » lui paraît être un terme plus approprié. Je rajouterais d’autres noms : acteurs, maillons, accompagnateurs, amis, équipiers, confidents, « les petites mains au grand cœur ». Aujourd’hui, place à Eliane et René qui ont affronté le froid, puis le chaud, avec leur éternelle bonne humeur. La lecture de leur témoignage vous dévoilera le côté pratique d’Eliane et organisé de René. Un duo de choc.

ELIANE MARTINEAU (61 ans)
Participation entre MUNICH-ISTAMBUL et SHANGHAI-TOKYO
(elle est encore dans le vif du sujet)

La journée d’un suiveur n’est pas de tout repos.
Se lever tôt, chauffer l’eau des thermos pour les repas chauds, préparer le petit
déjeuner du groupe avant de partir, contrôler si rien ne manque pour les ravitaillements de la journée. Lorsqu il fait froid, nous faisons chauffer la voiture, et dégivrer le pare brise.
Tout est prêt lorsque Serge arrive, pas de perte de temps.
Dans la journée, entre 2 ravitaillements, faire les courses pour plusieurs jours. L’hiver, le stockage ne pose pas de problème, mais lorsqu il fait chaud, nous devons faire les courses tous les jours.
En fin de journée, ranger dans les véhicules, contrôler si rien ne manque pour le lendemain, sortir les sacs de voyage pour la nuit (beaucoup de manipulations), lessive …. Tout cela tous les jours pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Un suiveur doit être patient, prévenant, attentif, vif, disponible, capable de s’adapter à la vie de groupe, de prendre certaines initiatives, et d’accepter toutes les conditions.
Être suiveur auprès de Serge demande beaucoup d’attention car ses journées sont longues et difficiles. Les 17 ravitaillements journaliers ne sont pas toujours faciles à gérer. Les besoins en calorie de Serge sont différents suivant les moments de la journée.
Le temps et la température jouent également un grand rôle. Si l’organisme de Serge refuse telle ou telle chose, à nous de trouver un équivalent et de nous adapter en fonction de ce que l’on peut trouver dans les pays traversés. Il faut que tout soit prêt lors des ravitaillements. Serge n’attend pas. Nous le guettons et il se ravitaille tout en marchant pour ne pas perdre de temps.

Difficile d’imaginer Serge sur la route 10 à 11 heures par jour avec des variantes de température de -20 et la neige qui rend la course très difficile. Des journées entières sous la pluie, mouillé de la tête aux pieds. Il prend des douches écossaises au passage des véhicules. Le soleil au zénith (50°C), il transpire à grosses gouttes et doit boire beaucoup pour compenser.
Quel effort il demande à son organisme avec des journées aussi longues!
Quel courage, quelle ténacité. Comment peut-il parcourir autant de kilomètres par jour et sans un seul jour de repos ? C’est une question que je me pose sans trouver de réelle réponse. Il faut être à ses côtés pour ressentir tout ce qu’il endure physiquement et moralement. Je suis admirative face à cet exploit et j’ai un jour noté une phrase citée par Serge, qui a retenu toute mon attention : « Dans l’effort sportif, il y a un équilibre physiologique ».
Lorsque je me suis engagée pour suivre Serge dans son périple, je me suis demandée quelles seraient les conditions de vie en groupe et en période de froid, car vivre 24h/24 avec des personnes inconnues cela n’est pas toujours évident. Dormirions-nous sous toile ou camping-car pour Serge et Laure?
Comment seront organisées les journées? car 10 h sur la route à attendre tous les
4 km et par tous les temps, ça peut paraître un peu long.
Quel autre rôle me serait attribué, à part les ravitaillements (vaisselle, lessive, rangement, cuisine etc…)?
Finalement, tout s’est très bien passé et j ai partagé des moments de souffrance et de bonheur. Ce fut une expérience positive.

RENE GIRARD (58ans)
Participation entre MUNICH-TIRANA et ISTAMBUL-TEHERAN

LA VIE SUR LA COURSE :
Une vie de groupe, rythmée par la course de Serge, (lever, préparation du départ,
course, arrivée, étape …) mais en plus une vie de découverte : paysages,
populations, évènements locaux, inattendus pour la plupart car chaque jour on ne
sait que 2 choses, d’où l’on part et à peu près où l’on va (selon l’objectif kilométrique
de SERGIO).

ROLE DU SUIVEUR :
C’est d’être là où il faut, quand il faut, avec ce qu’il faut pour satisfaire SERGE et
faciliter sa course (y compris le « papier cul » !)
Exemples : choix d’aliments et boissons adaptés au profil de l’étape et aux conditions atmosphériques et les délivrer à l’endroit le plus opportun (selon les besoins du coureur et en toute sécurité pour lui).
Mais aussi, en cas de neige, de pluie ou de froid : vêtements de protection, bonnet, gants secs et chauds et chaussures, le cas échéant, pour rechange. En cas de chaleur, chapeau, lunettes et crème solaire.
En résumé, être là pour prévenir les incidents de parcours, déviations, chiens errants, populations à risques dans certaines villes ou pays et trouver instantanément les solutions qui s’imposent en informant en parallèle les autres membres du groupe en mouvement.

SUIVEUR TYPE :
Homme ou femme sans limite d’âge, prêt (e) à rendre service, ayant
l’expérience et appréciant la vie en communauté en supportant les règles, ayant plus de qualités que de défauts, pouvant s’adapter à toutes les situations imaginables et
surtout les inimaginables avant de partir, ayant le sourire même si c’est dur (toujours se dire que pour Serge c’est encore bien plus dur et bien plus long ! ), accepter que la journée en cours soit plus difficile que la veille et moins que celle du lendemain compte tenu de la forme et de l’humeur de celui pour qui on est là : SERGE ! Avoir le nez (ex : quand notre coureur montait le matin dans le 4X4 pour rallier le point GPS de départ sans prononcer un mot, la consigne, non écrite mais comprise des 2 ou 3 accompagnants était : SILENCE ! A l’inverse, lorsqu’il était joyeux ou bavard, alors c’était le TOP !)
Bref, le suiveur est un « petit aventurier » privilégié, qui vit « aux ordres » en quelque
sorte, mais qui retire un plaisir immense à participer à un tel défi.

PERCEPTION DE SERGE DANS SA COURSE :
Chez Serge, outre sa volonté, ce que j’ai pu mesurer c’est sa capacité de récupération, surtout sur la durée en traversant les pays mais aussi les saisons.
Quand on l’a vu tituber suite à une hypoglycémie, repartir et nous faire une fin
d’étape normale, admiration ! De même, quand il souffre toute une nuit des intestins,
que Laure nous annonce qu’il faut prendre le petit déjeuner sans lui, puis que 20 minutes plus tard, il descend du camping-car avec grand peine et nous fait une étape de 78 km, on peut dire que l’homme moyen ne doit utiliser vraiment qu’une faible part de son potentiel physique et moral et qu’en se forçant un peu, il pourrait grandement assurer sa condition.
Quand à la traversée à petite allure, elle m’a permis de vérifier combien SERGE aime « les gens », et particulièrement les enfants auxquels il s’efforce de consacrer des temps d’arrêt comme pour leur faire partager son bonheur d’être là. Et puis, pour moi, le plaisir de découvrir des pays inconnus sous un autre aspect que par le tourisme classique ainsi que des populations dont les préoccupations sont sensiblement différentes de celles des Etats auxquels elles appartiennent. Leur gentillesse et le bonheur qu’on leur procure en acceptant leurs invitations quelles qu’elles soient sont gage d’espoir pour l’avenir.

En conclusion, je dirais que le temps passé avec la caravane m’a plus que pleinement
satisfait, comme, je pense, la totalité des suiveurs dont le plupart en était à leur première « traversée ». J’ai pu mesurer combien l’homogénéité du groupe est importante et peut être aussi rassurante pour SERGIO, il ne faut quand même pas l’oublier, (sans lui nous n’aurions pas connu ces plaisirs) et gratifiante pour les participants.
En ce qui me concerne, tout prêt à recommencer où et quand vous le souhaiterez.