quelle enjambé!

variante de couleur chez les bambous

sur la route N °6

notre diner, ce soir

notre dortoir sur tatami

notre hôtesse

J240 – 73.8Km

LUNDI 14 AOUT
N37 56.160 E139 11.159 ( 3m – sortie de Nigata) – N38 25.771 E139 32.489 (58m – Wakikawa)
73,8k – 11H38

La journée commence par une panne d’oreiller : 3H15’, Serge éteint le réveil puis plus rien. Je me réveille en sursaut et ma montre affiche alors 3H50’! En moins d’une seconde, me voici à pied d’œuvre pour mettre en route la bouilloire et appeler Ludo et Eliane, qui sont déjà prêts à partir. Serge ne s’affole pas, à 4H15’ il rejoint la voiture. 15 minutes de retard sur le programme, ce n’est pas un drame.

La sortie de Nigata n’en finit pas. Nous quittons la route de la côte et malgré tout, la circulation est intense. Les véhicules croisés viennent de toutes les régions du Japon. J’imagine que les grandes villes comme Tokyo doivent être vides en cette période de fête. Ce long week-end permet aux japonais d’aller visiter la famille éloignée et c’est également le moment de fêter les morts en allant se recueillir sur la tombe de ses aïeuls.

Au 40ème kilomètre, Serge traverse la petite ville de Marukami puis suit sur 20 kilomètres la nationale 7. Après le village de Budo (raisin en japonais), mini station de ski sur un versant de montagne (le versant ouest donnant sur la mer), Serge s’engage sur la petite route 6 qui rejoint la côte. Sous les arbres, notre coureur profite de l’ombre car la journée a été particulièrement chaude, mais aussi des taons qui virevoltent autour de lui et le piquent à l’occasion.

La fatigue marque son visage mais il ne veut rien lâcher et lorsque je lui dis qu’il n’est pas à 500 mètres près, il me répond : «  Ne dis pas ça ! ça sert à quelque chose et je serai bien content un jour où ça ira mal d’avoir fait ces 500 mètres de plus aujourd’hui ».

Ce soir, nous logeons chez l’habitant, équivalant à nos chambres d’hôte, dans une maison au pur style japonais. Un dîner de poissons crûs et cuits, accompagnés de légumes cuits et frais et un bol de riz, le tout préparé par notre hôtesse âgée de 80 ans. Cette dame cultive encore son propre riz et tous les produits servis ce soir sortent de son terroir. Nous dormons tous dans une grande pièce avec pour toute intimité une porte coulissante entre l’équipe française et l’équipe japonaise. Pas de climatisation ce soir. Cette ambiance à la bonne franquette nous laissera sans aucun doute un souvenir impérissable.